12 mars 2026 – Cultiver l’espoir : la force de l’action locale face aux défis environnementaux
Rester positif devant les défis environnementaux qui nous attendent demande aujourd’hui une volonté profonde et un recentrage sur ce qui est réellement à notre portée. Plus que jamais, notre pouvoir d’action local devient essentiel. C’est à cette échelle, dans nos quartiers, nos municipalités, nos organisations, que nous pouvons construire des communautés plus résilientes, plus robustes et mieux préparées aux transformations qui s’annoncent.
Il demeure difficile de constater le recul de plusieurs enjeux sociaux et environnementaux, surtout à la lumière des constats scientifiques et de l’urgence d’agir. Pourtant, malgré la gravité des faits, le travail quotidien mené sur le terrain (celui qui améliore concrètement la qualité de vie de nos concitoyens) doit rester une source de motivation. Chaque avancée, aussi petite soit‑elle, contribue à façonner un territoire plus sain et plus durable. Ces victoires, parfois modestes mais toujours fondamentales, méritent d’être célébrées.
Bien sûr, j’aimerais que les choses progressent plus vite. Que les mesures de conservation écologique s’implantent plus aisément. Que les plantations d’arbres se multiplient à un rythme soutenu. Que la population accueille avec enthousiasme les espaces dédiés à la biodiversité. Le principal défi demeure la communication. Comment transmettre aux citoyens que certaines mesures dépassent le cadre de l’intérêt individuel pour rejoindre celui du bien-être collectif? Comment nourrir une compréhension partagée de la nécessité d’agir aujourd’hui pour préserver demain?
Malgré les tirages, les programmes incitatifs ou les subventions pour encourager la plantation d’arbres, une partie de la population demeure peu réceptive. Les mesures d’écofiscalité, destinées à encourager certains comportements, se heurtent à la désinformation amplifiée par les réseaux sociaux. Cette polarisation complique leur implantation, même lorsqu’elles visent l’intérêt général.
C’est pourquoi la communication demeure, encore et toujours, l’outil le plus puissant. Expliquer, vulgariser, contextualiser : voilà comment on crée un terrain favorable à la compréhension et à l’adhésion. Lorsque les citoyens comprennent l’intention derrière une mesure, lorsqu’ils saisissent les bénéfices pour leur communauté, ils deviennent plus ouverts, plus curieux, parfois même plus engagés.
Lorsque l’on pense qu’un territoire historiquement boisé et parsemé de milieux humides ne possède plus que 20 % de canopée et 2 % de milieux humides, on réalise à quel point cela représente presque un désert écologique. Les objectifs ambitieux que nous nous fixons sont nécessaires, mais leur atteinte est un immense défi. Il faudra planter un arbre à la fois, protéger un hectare à la fois, expliquer une mesure à la fois, créer un dialogue à la fois. Car sans prise de conscience, il ne peut y avoir de volonté de changer, et donc aucun véritable engagement.
Et pourtant, il y a de l’espoir. Chaque initiative locale, qu’il s’agisse d’un citoyen qui plante un arbre, d’une école qui aménage une zone de biodiversité, d’une municipalité qui communique mieux, contribue à bâtir un mouvement plus vaste. Les solutions existent, accessibles, concrètes : renforcer nos réseaux d’entraide, soutenir les projets citoyens, valoriser les succès, multiplier les occasions de collaboration, et surtout, continuer à raconter pourquoi cela compte.
L’action locale est un levier puissant. Elle donne du sens, elle rassemble et elle transforme. Ensemble, en misant sur ce que nous pouvons réellement changer ici et maintenant, nous avons le pouvoir de créer un avenir plus vert, plus sain et plus solidaire.
Carline Ghazal
Conseillère stratégique au Bureau du développement durable de la Ville de Victoriaville





