1 avril 2026 – Corridors écologiques : faire partie du mouvement

Qu’est-ce qu’un corridor naturel?

On entend de plus en plus parler de connectivité écologique, de l’importance de maintenir des liens entre les milieux naturels. Chacun saisi que c’est essentiel pour que la faune puisse se déplacer. C’est aussi ce qui permet à notre flore composée d’une grande diversité de plantes et d’arbres de se répartir sur l’ensemble du territoire. Lorsqu’un milieu est isolé, sa diversité s’appauvrie avec le temps. Cette perte de richesse s’accentue lorsqu’il y a des bouleversements; après une sécheresse, un feu ou une épidémie, il sera plus difficile pour certaines espèces de plantes ou d’animaux de revenir coloniser un milieu. Le Centre-du-Québec compte encore un bon réseau de corridors écologiques ce qui lui permet de maintenir une biodiversité riche en plusieurs endroits.

Au cœur de l’un des plus grands corridors au pays

La région du Centre-du-Québec est au cœur d’une des rares zones de connectivité reliant les forêts décidues de la Nouvelle-Angleterre à la grande forêt boréale au nord du Saint-Laurent. Le gouvernement du Canada l’a d’ailleurs reconnue comme l’une des 23 zones prioritaires nationales pour les corridors écologiques. Cette zone revêt une importance accrue en raison des changements climatiques. En effet, le réchauffement du climat entraîne une migration vers le nord de plusieurs espèces. On remarque de nouveaux oiseaux aux mangeoires et depuis peu des opossums sur le bord des routes. Pour traverser la vallée du Saint-Laurent, les espèces forestières empruntent les derniers corridors boisés encore présents sur notre territoire. Nous prenons maintenant conscience que l’on vit dans un des plus importants corridors écologiques du continent.

Des paysages familiers

Dans le Centre-du-Québec et les régions administratives de l’Estrie et de Chaudière-Appalaches, les corridors naturels forment des paysages que l’on reconnaît. Regardez les grands massifs forestiers exploités de la MRC d’Arthabaska, les sucreries de la MRC de l’Érable, les tourbières et forêts humides dans Bécancour, la forêt de la vallée Saint-François dans la MRC de Drummond et les lisières des champs ou les boisés riverains qui s’étendent jusqu’au lac St-Pierre dans Nicolet-Yamaska. Ces milieux naturels contribuent tous à leur façon au dynamisme de la région, pour les loisirs en plein air, la rétention et la filtration de l’eau dans les terres agricoles ainsi que le développement économique associé à l’industrie du bois, de l’acériculture et du tourisme. Et avant tout, c’est la diversité de la faune et de la flore qui se porte bien.

L’Initiative québécoise Corridors écologiques (IQCÉ)

L’IQCÉ a été lancée par Conservation de la nature Canada (CNC) en 2017 afin d’accélérer la conservation de milieux naturels connectés par des corridors écologiques. L’initiative, qui est coordonnée par CNC, est menée par un regroupement de 10 organismes qui proposent une approche collective de l’aménagement du territoire aux acteurs provinciaux et municipaux, aux propriétaires de lots boisés et de terres agricoles, et à d’autres acteurs clés. Pour ce faire, des activités de mobilisation, de renforcement des capacités, de reconnaissance et d’accompagnement sont réalisées dans le sud du Québec.

Les progrès réalisés au cours des dernières années sont remarquables. Par exemple, les urbanismes et autres experts ont amené le gouvernement du Québec à faire des corridors écologiques un élément important des nouvelles orientations gouvernementales en aménagement du territoire. De même, les spécialistes de la voirie et des routes ont inscrit la connectivité dans le nouveau plan d’action en développement durable du ministère des transports et de la mobilité durable du Québec.

Le CRECQ est pionnier dans ce domaine ayant déjà élaboré un plan de connectivité pour le Centre-du Québec. Comme maître d’œuvre de l’IQCÉ, il partage aujourd’hui son savoir-faire avec d’autres organismes en environnement afin de maintenir cette connexion entre les milieux naturels des régions limitrophes.

Passages fauniques

Les mortalités de la faune augmentent avec l’achalandage de plus en plus important de nos routes. Les automobilistes sont aussi à risque d’accidents graves en présence de grands mammifères comme le cerf et l’orignal. L’aménagement de passages fauniques sécuritaires sont bénéfiques autant pour les automobilistes que la faune. Le Lynx roux, une espèce phare de la région pourrait bénéficier de ces aménagements populaires en Europe et dans l’ouest canadien.

Conclusion

Vous êtes un propriétaire terrien ou un professionnel de la foresterie, de l’agriculture ou de l’aménagement du territoire; ou bien vous avez l’habitude de remarquer la faune en bordure des routes; vous pouvez certainement tous contribuer à améliorer la connectivité écologique. Informez-vous auprès du CRECQ, de vos conseillers professionnels ou en consultant le site www.connectivitéécologique.com . Vous pouvez vous aussi faire partie du mouvement.

 

Marie-Andrée Tougas-Tellier
Responsable de l’Initiative québécoise Corridors écologiques, Conservation de la nature Canada

Joël Bonin
Vice-président associé au Québec, Conservation de la nature Canada