15 juillet 2026 – Dans mes temps libres 

Dans mes temps libre, la curiositĂ© m’a amenĂ© Ă  me former en herboristerie et en ayurveda. Ă€ dĂ©couvrir la nature autrement en rĂ©coltant des plantes pour prendre soins de ma santĂ©. Pour juillet, je vous offre cette perspective holistique de la nature.

À l’orée de la forêt, mes pas ralentissent jusqu’à s’immobiliser. J’honore ces liens invisibles qui m’unissent au vivant. Je remercie la nature d’offrir, depuis des millénaires, une science d’une perfection remarquable où chaque relation chimique, énergétique et biologique participe au maintien de l’équilibre sur terre et pour chaque être vivant. Je remplis mon cœur de gratitude devant cette intelligence silencieuse qui soutient la vie. Puis, avec compassion, je tourne mon regard vers l’humain qui, peu à peu, s’éloigne de ses liens sacrés avec la terre et oublie parfois qu’il fait lui aussi partie de ce vaste réseau vivant.

Biologiste depuis près de vingt ans, j’ai eu le privilège d’observer la nature sous de multiples angles. J’ai admiré sa résilience, sa capacité à se renouveler après les perturbations et à reconstruire patiemment ses équilibres. Toutefois, derrière cette force apparente se cache aussi une grande fragilité. Les pressions exercées par les activités humaines modifient les écosystèmes plus rapidement que leur capacité d’adaptation. Année après année, elles creusent un fossé entre l’état actuel de nos milieux naturels et celui de l’équilibre dont ils ont besoin pour demeurer en santé.

Pourtant, il est encore possible d’inverser le courant. Il suffit parfois de s’arrêter, comme à l’orée de la forêt, afin de revoir notre relation avec le vivant. Apprendre à observer davantage qu’à prélever. À remercier davantage qu’à consommer. À participer davantage qu’à dominer.

La cueillette de plantes sauvages est l’une de ces activités qui nous permet de renouer avec la nature. Elle nous invite à ralentir, à apprendre les espèces qui nous entourent et à développer un respect profond pour les milieux qui les abritent. Toutefois, chaque plante fait partie d’un écosystème complexe où elle contribue à nourrir les insectes, les oiseaux, les mammifères et même les générations futures. Cueillir de manière responsable signifie donc prélever avec modération, respecter les capacités de régénération des populations végétales et éviter de récolter davantage que ce que nous pouvons réellement utiliser.

Cette responsabilité devient encore plus importante lorsque l’on considère les espèces en situation précaire. Au Québec comme ailleurs au Canada, de nombreuses plantes ont vu leurs populations diminuer sous l’effet de la perte d’habitat, de certaines pratiques de récolte ou de diverses perturbations environnementales. Récolter avec conscience, c’est aussi choisir de protéger ce qui est vulnérable.

Le respect de l’équilibre se manifeste également dans notre façon de fréquenter les espaces naturels. L’approche Sans trace nous rappelle que chacune de nos actions laisse une empreinte. Rester dans les sentiers, rapporter tous nos déchets, prévenir la propagation des espèces exotiques envahissantes et respecter la faune sont autant de gestes simples qui contribuent à préserver l’intégrité des milieux naturels pour les générations futures.

Le cambium, cette fine couche vivante située sous l’écorce, permet aux arbres de croître en largeur. Son nom provient du latin cambiare, qui signifie changer. Comme les arbres, nous avons la capacité de grandir en élargissant notre conscience. Acceptons ce changement. Offrons-nous ce détour vers une relation plus respectueuse avec le vivant. Car chaque geste posé avec bienveillance rapproche un peu plus l’humain de l’équilibre dont il fait intrinsèquement partie.

Je vous souhaite de belles rencontres avec la nature, empreintes de respect, de gratitude et de récoltes conscientes.

Andréanne Blais
Biologiste, directrice gĂ©nĂ©rale du Conseil rĂ©gional de l’environnement du Centre-du-QuĂ©bec (CRECQ)