15 septembre 2026 – Toutes à vélo : Mettre en lumière les barrières à la pratique du vélo des femmes
Au Québec, le secteur des transports est la principale source des émissions de gaz à effet de serre, représentant 43% des émissions dont 75% proviennent du transport routier. Le vélo est une alternative écologique, bonne pour la santé et économique pour les déplacements mais il n’est malheureusement pas accessible à tous et toutes.
Les femmes qui assument encore la majorité des responsabilités familiales et ménagères ont des réalités de mobilités différentes des hommes; dans une journée, elles font généralement plus de déplacements, elles sont plus souvent accompagnées d’enfants et transportent plus de matériel. Ces facteurs peuvent rendre plus difficile leur usage du vélo. En 2025, selon l’État du vélo, 63% des hommes au Québec font du vélo pour 42% des femmes.
Pour inverser cette tendance, Vélo Québec a lancé en 2021 un programme d’apprentissage du vélo par et pour les femmes. À ce jour, plus de 2000 femmes et personnes de la diversité de genre ont appris à pédaler ou sont devenues plus à l’aise à vélo grâce à la précieuse implication d’une communauté d’accompagnatrices et de partenaires dans 9 régions du Québec. Ce programme, déployé pour la première fois au Centre-du-Québec cet été, permet de mieux comprendre certaines barrières à l’adoption du vélo par les femmes débutantes.
Ne pas savoir faire du vélo à l’âge adulte : une réalité invisible
Les jours suivant l’annonce initiale de Toutes à vélo, des dizaines de personnes nous ont contactés pour nous partager, avec une confiance qui faisait chaud au cœur, qu’elles ne pouvaient pas croire que c’est possible pour elles d’apprendre le vélo à l’âge adulte; c’était un rêve abandonné il y a longtemps par manque d’options; un secret porté avec lourdeur parce que tous les adultes savent faire du vélo, il parait, tous sauf elle.
Selon l’État du vélo, 6% des adultes ne savent pas pédaler au Québec, ce qui représente environ 425 000 personnes, près de deux fois le nombre d’adultes du Centre-du-Québec. Cette réalité longtemps invisibilisée a empêché plusieurs personnes de faire le choix du vélo pour se déplacer parce que cela leur semblait tout simplement impossible.
Une approche par et pour les femmes
Toutes à vélo permet aussi de mieux comprendre les barrières rencontrées par les femmes dans l’adoption du vélo. Les paroles des femmes, souvent mises au second plan dans les questions de mobilité, sont au cœur de nos décisions et nous ont permis de mettre en place plusieurs initiatives complémentaires. Nous prêtons des vélos avec porte-bagages et sièges pour enfant. Nous organisons des visites de boutiques de vélos puisque plusieurs participantes sont intimidées par l’expérience. Nous utilisons aussi des flottes de vélos adaptées aux corps des femmes pour diminuer les douleurs dans la pratique.
Ces mesures proviennent de la création d’espaces de partage qui reconnaissent les effets des inégalités de genres sur l’utilisation du vélo. En collectivisant les expériences d’un groupe ciblé, on permet de mettre en lumière des enjeux qui ont tendance à passer inaperçus avec une approche universelle.
Catherine Plante (elle)
Chargée de projets en éducation cycliste, Vélo Québec





