Consultez ci-dessous les différents bulletins mensuels du CRECQ qui regroupent l’essentiel des nouvelles locales et régionales en matière d’actualité environnementale :

NOUVELLE ÉDITION !

Avril 2024

Bulletin no. 59

2024

Bulletin no. 59, Édition avril 2024: Revue d’actualité environnementale No 59

Bulletin no. 58, Édition mars 2024: Revue d’actualité environnementale No 58

Bulletin no. 57, Édition février 2024: Revue d’actualité environnementale No 57

Bulletin no. 56, Édition janvier 2024: Revue d’actualité environnementale No 56

2023

Bulletin no. 55, Édition décembre 2023: Revue d’actualité environnementale No 55

Bulletin no. 54, Édition novembre 2023: Revue d’actualité environnementale No 54

Bulletin no. 53, Édition octobre 2023: Revue d’actualité environnementale No 53

Bulletin no. 52, Édition septembre 2023: Revue d’actualité environnementale No 52

Bulletin no. 51, Édition août 2023: Revue d’actualité environnementale No 51

Bulletin no. 50, Édition juillet 2023: Revue d’actualité environnementale No 50

Bulletin no. 49, Édition juin 2023: Revue d’actualité environnementale No 49

Bulletin no. 48, Édition mai 2023: Revue d’actualité environnementale No 48

Bulletin no. 47, Édition avril 2023: Revue d’actualité environnementale No 47

Bulletin no. 46, Édition mars 2023: Revue d’actualité environnementale No 46

Bulletin no. 45, Édition février 2023: Revue d’actualité environnementale No 45

Bulletin no. 44, Édition janvier 2023: Revue d’actualité environnementale No 44

2022

Bulletin no. 43, Édition décembre 2022: Revue d’actualité environnementale No 43

Bulletin no. 42, Édition novembre 2022: Revue d’actualité environnementale No 42

Bulletin no. 41, Édition octobre 2022: Revue d’actualité environnementale No 41

Bulletin no. 40, Édition septembre 2022: Revue d’actualité environnementale No 40

Bulletin no. 39, Édition août 2022: Revue d’actualité environnementale No 39

Bulletin no. 38, Édition juillet 2022: Revue d’actualité environnementale No 38

Bulletin no. 37, Édition juin 2022: Revue d’actualité environnementale No 37

Bulletin no. 36, Édition mai 2022: Revue d’actualité environnementale No 36

Bulletin no. 35, Édition avril 2022: Revue d’actualité environnementale No 35

Bulletin no. 34, Édition mars 2022: Revue d’actualité environnementale No 34

Bulletin no. 33, Édition février 2022: Revue d’actualité environnementale No 33

Bulletin no. 32, Édition janvier 2022: Revue d’actualité environnementale No 32

2021

Bulletin no. 31, Édition décembre 2021: Revue d’actualité environnementale No 31

Bulletin no. 30, Édition novembre 2021: Revue d’actualité environnementale No 30

Bulletin no. 29, Édition octobre 2021: Revue d’actualité environnementale No 29

Bulletin no. 28, Édition septembre 2021: Revue d’actualité environnementale No 28

Bulletin no. 27, Édition août 2021: Revue d’actualité environnementale No 27

Bulletin no. 26, Édition juillet 2021: Revue d’actualité environnementale No 26

Bulletin no. 25, Édition juin 2021: Revue d’actualité environnementale No 25

Bulletin no. 24, Édition mai 2021: Revue d’actualité environnementale No 24

Bulletin no. 23, Édition avril 2021: Revue d’actualité environnementale No 23

Bulletin no. 22, Édition mars 2021: Revue d’actualité environnementale No 22

Bulletin no. 21, Édition février 2021: Revue d’actualité environnementale No 21

Bulletin no. 20, Édition janvier 2021: Revue d’actualité environnementale No 20

2020

Bulletin no. 19, Édition décembre 2020: Revue d’actualité environnementale No 19

Bulletin no. 18, Édition novembre 2020: Revue d’actualité environnementale No 18

Bulletin no. 17, Édition octobre 2020 : Revue d’actualité environnementale No 17

Bulletin no. 16, Édition septembre 2020 : Revue d’actualité environnementale No 16

Bulletin no. 15, Édition juillet 2020 : Revue d’actualité environnementale No 15

Bulletin no. 14, Édition juin 2020 : Revue d’actualité environnementale No 14

Bulletin no. 13, Édition mai 2020 : Revue d’actualité environnementale No 13

Bulletin no. 12, Édition avril 2020 : Revue d’actualité environnementale No 12

La gestion des matières résiduelles ; Un sujet effervescent

Au Québec, la gestion des matières résiduelles est un sujet qui revient constamment dans l’actualité. De nouvelles initiatives voient le jour régulièrement. Les différents paliers de gouvernement tentent par tous les moyens de redéfinir le potentiel des 13 millions de tonnes de matières résiduelles produites chaque année au Québec. En quelques décennies, nous sommes passés d’une société qui envoie tout à l’enfouissement, à une société qui effectue un tri à la source en s’appuyant sur la hiérarchie des 3-RV (réduction, réutilisation, recyclage et valorisation).

Depuis 2011, la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles oriente les actions des municipalités en ce sens. Celle-ci a pour objectif fondamental de n’éliminer qu’une seule matière, soit le résidu ultime, celle qui ne peut se retrouver nulle part ailleurs.

Enfouir seulement le résidu ultime, c’est possible ?

Il faut l’admettre, ce ne sera pas une mince tâche. Pour y parvenir, le Québec compte sur la responsabilisation partagée des intervenants. La modernisation des systèmes de collecte sélective et de consigne en est un bon exemple. En misant sur le principe de responsabilité élargie des producteurs (REP), selon lequel les entreprises qui mettent sur le marché des produits sont responsables de leur gestion en fin de vie, cette modernisation permettra d’améliorer nos performances en matière de recyclage. Elle est aussi complémentaire à l’élargissement de la consigne. Actuellement, plus de 700 millions de contenants de boissons non consignés prennent la voie des lieux d’élimination ou sont jetés dans la nature. Ces deux systèmes permettront la prise en charge efficace de l’ensemble des contenants, emballages et imprimés mis en marché au Québec, tout en les dirigeant vers des filières de valorisation performantes et compétitives.

La Stratégie de valorisation des matières organiques (MO) est un autre exemple d’avancement visant à optimiser le potentiel des matières résiduelles qui, autrement, représenteraient un fardeau, environnemental et économique, pour le Québec. Cette stratégie a pour but d’instaurer la gestion de la MO sur 100 % du territoire municipal et dans 100 % des ICI (industries, commerces et institutions) d’ici 2025 afin de réduire les émissions de GES qui en découlent. Selon RECYC-QUÉBEC, 60 % des matières résiduelles éliminées annuellement sont des matières organiques.

À ce niveau, la Ville de Drummondville se démarque avec une augmentation de 17.8 % du tonnage de MO valorisées en 2019. Cette progression majeure est en partie attribuable au programme obligatoire « ICI, on récupère l’organique » qui vise les grands générateurs de MO alimentaires de son territoire, dont les grands restaurants et les épiceries.

Va-t-on y arriver ?

La mise en œuvre de ces nouvelles balises sera un défi à tous les niveaux. Parlez de « poubelles » et inciter les gens à changer leur comportement n’est jamais chose facile. La réussite des objectifs fixés dépendra de l’engagement individuel et collectif. À court terme, les municipalités devront soutenir les citoyens dans les changements annoncés, en tant que gouvernements de proximité, en plus d’orienter les ICI vers des ressources appropriées, comme la desserte municipale ou des projets innovants en économie circulaire afin d’optimiser l’utilisation des ressources.

Et malgré tous les efforts, le nerf de la guerre restera toujours la sensibilisation du grand public à l’importance de poser les bons gestes, en y appliquant le principe des 3-RV.

 

Marie-Ève Vadnais
Coordonnatrice du Service de l’environnement, Ville de Drummondville

S’inspirer de la nature pour combattre les îlots de chaleur

Chaque année, des groupes d’experts du monde entier nous rappellent l’importance des changements climatiques et de leurs impacts. D’ailleurs, dans son rapport de 2018, le GIEC sonne l’alarme. La hausse globale des températures de 1 degré déjà atteinte a des effets remarquables sur la biodiversité et les écosystèmes, ainsi que sur nos sociétés. En effet, l’humain subit déjà les effets des changements climatiques au cœur même des villes qu’il habite, notamment par le phénomène des ilots de chaleur.

La création de microclimats
Ce phénomène, accentué par la hausse globale des températures, se forme dans les milieux urbains là où les surfaces sont foncées et fortement minéralisées (rues, bâtiments, toits, stationnements, etc.). Ayant la capacité d’absorber le rayonnement solaire et de le réémettre sous forme de chaleur, ces surfaces contribuent à créer des microclimats où la température est particulièrement élevée. Dans certains cas, comme durant les épisodes de chaleur extrême en été, cette hausse locale de la température peut rapidement atteindre 10 degrés de plus que l’environnement périphérique (BNQ 3019-190, 2013).

De cette manière, les ilots de chaleur ont différentes répercussions, notamment sur la santé et le bien-être. Dans nos villes, le phénomène touche plus particulièrement les populations de secteurs défavorisés et densément peuplés, là où l’accès aux espaces verts, aux plans d’eau ou à la climatisation est souvent limité.

Renverser la tendance grâce aux îlots de fraicheur
Les ilots de fraicheur s’imposent aujourd’hui comme une des solutions phares pour contrer les ilots de chaleur. Ils représentent d’ailleurs l’un pour l’autre une antithèse presque parfaite. En effet, un ilot de fraicheur en milieu urbain s’obtient essentiellement grâce à la déminéralisation et la végétalisation des surfaces. Ce type d’aménagement peut impliquer une grande diversité de végétaux : couvre-sol, vivaces, arbustes et arbres. Toutefois, on retient plus particulièrement les arbres à grand déploiement, comme l’érable, le chêne ou encore le mélèze, grâce à leur canopée et à leur capacité de produire de l’ombre lorsqu’ils sont à maturité.

Plusieurs bienfaits
Un ilot de fraicheur a un effet régulateur sur le climat local, mais aussi d’autres bienfaits parfois surprenants. On remarque notamment la contribution des aménagements végétalisés à la gestion des eaux pluviales. Contrairement aux surfaces minéralisées et imperméables, le sol organique et les racines des végétaux présents dans les ilots de fraicheur retiennent l’eau et favorisent son évaporation. De cette manière, les risques d’inondations localisées ou de surcharge des égouts pluviaux sont limités. Des effets bénéfiques sur le bienêtre et la santé mentale des communautés sont également mentionnés dans la littérature.

Des projets en cour
Grâce au Fonds Vert, l’Institut national de santé publique du Québec finance actuellement des projets d’ilots de fraicheur dans 7 villes de la province. Parmi ceux-ci s’inscrit d’ailleurs le projet Coup de fraicheur mis en œuvre à Drummondville. Innovante, l’ensemble de cette démarche saura accroitre la résilience des populations face aux changements climatiques.

 

Gabriel Vincent-Beaudoin
Agent de projet, CRECQ

L’« ÉCOANXIÉTÉ » : Des pistes d’intervention pour les intervenants du territoire

Les nouvelles sur l’effondrement de la planète et la crise climatique abondent dans les médias. L’abondance de ces messages quasi apocalyptiques entretient, chez certaines personnes, inquiétudes et doutes face à l’avenir de l’humanité. D’autres en viennent même à vivre un sentiment de peur chronique, appelé «écoanxiété».

Nouveau mal du siècle!

Une vaste majorité de Québécois (79%) se déclareraient fortement préoccupés par les problèmes environnementaux selon le Laboratoire sur l’action climatique. Mieux encore, 86 % auraient le désir de contribuer à la lutte aux changements climatiques en modifiant certains de leurs choix et de leurs activités quotidiennes. Sous ces airs de bonne nouvelle se cache parfois aussi de la détresse. Bien sûr, être préoccupé par l’environnement ne fait pas nécessairement de soi une personne écoanxieuse. Mais qu’en est-il alors de ce nouveau mal du siècle ? « Il n’existe pas encore d’outil diagnostic spécifique à ce type d’anxiété. Il s’agit donc d’un thème un peu fourre-tout. Stress, colère, culpabilité, difficulté à dormir et sentiment d’impuissance concernant les enjeux planétaires sont des signes que quelque chose ne va pas et qu’il faut aller chercher de l’aide », mentionne Karine Saint-Jean, psychologue. Celle-ci soutient que les enjeux environnementaux sont complexes et que l’écoanxiété est donc « un terrain propice aux biais cognitifs pouvant faire en sorte qu’on met l’emphase sur une partie de l’information en ignorant le reste ». De là la difficulté que pourraient avoir certains intervenants du territoire à répondre aux inquiétudes de citoyens écoanxieux.

Passer à l’action
Face à cette situation, Dre Saint-Jean nous invite à passer par ces différentes étapes :
– Reconnaître l’émotion vécue par la personne et la laisser ventiler sans juger, elle se sentira ainsi mieux comprise.
– Normaliser ses émotions : il est normal de se sentir en colère tenant compte des problématiques environnementales existantes.
– Conscientiser la personne à ce qu’elle consomme comme information : lire très souvent des articles catastrophes ou ce qui confirme ce qu’elle sait déjà risque d’augmenter son stress.
– Si la situation le permet, creuser un peu plus en apportant quelques questions de précisions et en mettant ce que la personne dit en relation avec ce qu’on connaît. Bien que certaines informations soient vraies, les liens entre ces dernières peuvent parfois être biaisés.
– Inviter la personne à s’engager dans des actions concrètes pour un meilleur environnement, ce qui aura pour effet de diminuer son sentiment d’impuissance face à la situation. D’autant plus que ces activités permettent de se lier à des gens qui ont la même vision ou les mêmes valeurs que soi. Le sentiment de cohésion sociale qui en résulte contribue à baisser le niveau d’anxiété.

Dans tous les cas, inutile d’essayer de convaincre la personne. L’humain ayant besoin de consonance, on risque de le renforcer dans son point de vue en faisant une telle chose. Cultiver l’amour, la compassion, la communication non violente, et se connecter davantage à la nature constituent également des pistes intéressantes pour apaiser l’écoanxiété, mais il reste encore beaucoup à explorer sur ce phénomène relativement nouveau.

Constance Morel
Chargée de projet au CRECQ (2019-2020) et bénévole en écoute active

D’une crise à l’autre – Nous pouvons le faire!

Le printemps 2020 marquera nos vies à tout jamais. Une grande partie de l’économie s’est tue, la population s’est confinée, des millions de voitures ont déserté les rues et autoroutes, le trafic aérien s’est apaisé. Plusieurs ont trouvé ou retrouvé la simplicité en jardinant, en marchant ou pédalant dans leur quartier, en cuisinant leur pain, etc. La majorité de la population a écouté ce que la science leur dicte, et ce, même avec un haut niveau d’incertitude.

Les leçons de la COVID
La crise de la COVID 19 nous montre à quel point il est souhaitable d’arrimer la science et le politique afin de prendre les meilleures décisions. Les autorités ont tenu compte des scénarios les plus plausibles offerts par la science et ont géré les risques en fonction des vulnérabilités des populations. C’est ainsi que nous avions les meilleures chances de sauver des vies humaines et d’atténuer la crise de notre système de santé.

Au fond, cette crise pourrait-elle nous servir d’expérience-pilote dans le but tester notre approche dans la lutte contre les changements climatiques? Elle nous prouve à quel point, en contexte de crise, il est possible de mobiliser l’ensemble de la société, guidée par la science, autour d’un objectif commun.

La crise du climat, une crise sociale, économique et… sanitaire
La science du climat nous prédit avec un haut niveau de certitude que d’ici 2050, les changements climatiques affecteront la santé de millions d’êtres humains, des dizaines de milliers mourront des chaleurs excessives, des inondations, des sécheresses, de l’aggravation des tempêtes, etc. Par exemple, si les émissions globales de GES ne baissent pas de façon importante, le nombre de jours de chaleur extrême, au Centre-du-Québec, sera multiplié par 4 ou 5 à l’horizon 2040-2070 et le débit d’étiage estival des cours d’eau pourrait diminuer de 20% à 30%. Les coûts de ces impacts sont déjà lourds et deviendront astronomiques dans un avenir proche. Il y a urgence climatique!

Passons à l’action!
De nombreuses mesures proposées pour réduire nos GES et s’adapter aux changements climatiques sont avantageuses pour la société, même sans crise climatique. Par exemple, en diminuant notre consommation de pétrole, nous améliorons la qualité de l’air et diminuons l’incidence de maladies cardiaques et pulmonaires, en augmentant la part de nos déplacements en transport actif, nous contribuons à prévenir l’obésité et le diabète, à diminuer le stress et à économiser individuellement et collectivement. Une étude du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ) nous montrait en 2014 que, au Québec, une réduction de 16 % de la consommation de pétrole en six ans nous permettrait d’économiser collectivement 20 milliards de dollars.

Alors, écoutons la science et passons à l’action dès maintenant! Nous savons maintenant que le télétravail est possible, que le vélo peut souvent remplacer avantageusement l’auto, que le jardinage est sain pour l’esprit, que les produits locaux font vivre nos communautés, etc. À nous de transformer cette crise de la COVID en opportunité pour améliorer notre qualité de vie en réduisant les GES et en augmentant notre résilience face aux changements climatiques.

 

Éric Perreault
Directeur de projets, CRECQ