30 juin 2022 – Le développement durable au cœur des pratiques du Parc régional de la Rivière Gentilly

« Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. » – Antoine de Saint-Exupéry

 

Depuis 2021, le Parc de la rivière Gentilly a établi une stratégie de développement durable afin de faire sa part pour l’environnement. C’est en adoptant une vision et des actions concrètes que nous pourrons, tous ensemble, maximiser notre impact social et économique, et réduire l’empreinte environnementale de nos activités!

Le Parc de la rivière Gentilly possède donc aujourd’hui une grande expertise en matière de développement durable pour ses services. Ceux-ci ont été réfléchis pour préserver et favoriser la santé et la qualité de vie, la protection de l’environnement, la participation et l’engagement citoyen, l’accès au savoir, la prévention, la protection du patrimoine culturel et la préservation de la biodiversité.

Le Parc s’engage aujourd’hui dans la voie du développement durable en appliquant des actions concrètes. Cela débute en impliquant le conseil d’administration et les équipes du Parc dans la démarche, en déployant diverses stratégies de communication et en intégrant le développement durable dans le plan stratégique et l’optimisation de la gestion des matières résiduelles.

C’est soutenu par la Régie intermunicipale de gestion intégrée des déchets Bécancour-Nicolet-Yamaska et la SADC Nicolet-Bécancour, que le Parc de la Rivière Gentilly est depuis mai 2021 fier d’offrir une meilleure gestion des matières résiduelles à sa clientèle dans le but d’offrir une expérience nature incomparable. Ainsi, nous sensibilisons dès leur arrivée, tous les campeurs et randonneurs à l’importance de gérer adéquatement leurs matières résiduelles au cours de leur séjour. Notre vision en la matière est de réduire les impacts environnementaux tout en maximisant les retombées sociales et économiques, le tout, pour un monde socialement équitable, écologiquement viable et économiquement rentable.

Le développement de notre stratégie DD est ainsi axé sur quatre dimensions précises: environnement, économique, sociale, et gouvernance.

–  La dimension environnementale est rencontrée en améliorant le tri des déchets par les visiteurs, en réduisant de 50% les matières organiques jetées à la poubelle, en offrant aux visiteurs ayant des voitures électriques la possibilité de recharger leurs véhicules pendant leur séjour et en construisant des infrastructures pour régulariser le dossier de l’eau potable.

–  La dimension économique est respectée en s’assurant la conformité et la pérennité des infrastructures et en réduisant les couts liés au matériel de bureau (papier, etc.) de plus de 20%.

–  Au niveau de la dimension sociale, nous avons agi en augmentant l’engagement et le sentiment d’appartenance des employés et des administrateurs, en révisant la structure et les tâches des équipes en place, en améliorant l’efficacité de l’équipe et la communication à l’interne et en offrant des espaces physiques adaptés pour la clientèle à mobilité réduite.

–  Finalement, la dimension de la gouvernance se concrétise en se dotant d’outils qui ancrent le développement durable dans la vision et les pratiques de l’organisation. Nous avons donc élaboré une grille d’analyse de projets, intégrés des stratégies et messages en développement durable dans le plan de communication et marketing du Parc, et nous avons augmenté l’implication du Parc dans son milieu.

Parce que le développement durable, c’est aussi ça le Parc de la Rivière Gentilly!

 

Sébastien Jubinville
Agent aux communications et marketing au Parc régional de la Rivière Gentilly

Le CRECQ offre un Coup de fraîcheur aux industries, commerces et institutions du Centre-du-Québec
Le Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec (CRECQ) élargit la portée son projet Coup de fraîcheur qui vise à faire la lutte aux îlots de chaleur urbains, afin de le rendre accessible aux industries, commerces et institutions (ICI) du Centre-du-Québec. Drummondville, Plessisville et Victoriaville sont les premières municipalités qui ont été ciblées pour profiter des actions de déminéralisation et de verdissement qui seront réalisées au cours de la prochaine année.

« Le CRECQ a acquis une solide expérience en matière de lutte aux îlots de chaleur dans le cadre du projet Coup de fraîcheur et il est reconnu pour son approche fondée sur la sensibilisation, la mobilisation et l’accompagnement des propriétaires. Avec le nouveau volet ICI, on souhaite poursuivre nos travaux de verdissement afin d’augmenter la canopée, favoriser la gestion durable des eaux de pluie et, bien évidemment, contribuer à enrayer les effets néfastes des îlots de chaleurs sur la santé », indique M. Claude Lefebvre, président du Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec.

Les îlots de chaleur urbains sont des zones où les températures estivales enregistrées de jour comme de nuit sont nettement plus élevées qu’ailleurs. Cette différence de température est causée, entre autres, par la prédominance de surfaces imperméables telles que l’asphalte et le béton, et à cela s’additionne le manque de végétation en milieu urbain. « En contexte de changements climatiques, les canicules se font de plus en plus fréquentes. Considérant qu’une grande partie des îlots de chaleur se trouve sur des terrains privés occupés par des industries, commerces et institutions, il est nécessaire d’agir au bénéfice de nos collectivités et de l’environnement », mentionne Mme Andréanne Blais, directrice générale du Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec.

Rappelons que le projet Coup de Fraîcheur ICI est réalisé dans le cadre du plan de mise en œuvre 2022-2027 du Plan pour une économie verte 2030 du gouvernement du Québec.

Vous avez un projet en tête ??
On vous invite à contacter Marjorie Lagueux, chargée du projet Coup de fraîcheur ICI au CRECQ, à l’adresse courriel suivante : marjorie.lagueux@crecq.qc.ca

1 juin 2022 – L’étalement urbain : le sujet du jour
Nous entendons beaucoup parler de l’étalement urbain depuis quelques mois, et avec raison. Selon un comité d’experts, chargé de conseiller le gouvernement en matière de changements climatiques, nous devrons donner un coup de barre si nous désirons collectivement atteindre notre objectif de carboneutralité d’ici 2050. Il est donc plus que jamais nécessaire de mettre nos forces en commun pour transformer notre modèle de développement et revoir l’aménagement de nos villes.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a révélé que « ce sont les municipalités qui sont aux premières loges » pour contrer les changements climatiques. Bien que cette crise se déploie à une échelle planétaire, tous les gouvernements de proximité doivent admettre qu’elle constitue un enjeu aussi prioritaire que fondamental, et tous doivent travailler de pair pour y trouver des solutions.

La densification est une des façons incontournables de préserver notre territoire et de freiner les changements climatiques. Limiter l’étalement urbain est plus que jamais nécessaire aujourd’hui, d’autant plus qu’il fait grimper considérablement les coûts reliés aux infrastructures publiques tout en entraînant la destruction de milieux naturels. De plus, il exerce une grande pression sur les terres agricoles et accentue notre dépendance à l’automobile. À cet effet, la part du transport routier dans les émissions totales de gaz à effet de serre au Québec était de 36 % en 2018, ce qui est non négligeable ! Il est donc nécessaire de rappeler que la densification n’est pas une mode, c’est plutôt une nécessité. Si les stratégies de développement ne se transforment pas rapidement, la société frappera un mur…

La Fortissimo, un projet d’avenir
Une des clés d’un aménagement plus durable à Drummondville est le renforcement du centre-ville. C’est pourquoi le projet de la Fortissimo revêt une importance capitale.

Ce projet, qui prévoit 394 logements, 79 maisons de ville, des espaces de bureaux, des commerces, des espaces verts et une promenade le long de la rivière Saint-François, occupera une superficie d’un million de pieds carrés au centre-ville. C’est à la suite d’une vaste consultation publique tenue en 2018 que la Ville a décidé d’aller de l’avant avec cet écoquartier. Ce projet de densification représente donc une belle occasion de créer un milieu de vie agréable au centre-ville tout en limitant l’étalement urbain. C’est réellement en transformant nos milieux de vie que l’on améliorera la qualité de vie des familles drummondvilloises et ce, grâce à des quartiers plus verts, des services de proximité accessibles et un accès au transport en commun et actif.

Bref, c’est un pas dans la bonne direction, mais il est impératif de rester vigilants et créatifs pour tous les nouveaux projets de développement à venir. Et pour que les municipalités soient perçues comme des partenaires prioritaires dans la lutte contre les changements climatiques, elles doivent posséder les ressources financières pour agir en la matière. Des changements doivent donc être apportés aux politiques publiques pour s’assurer que les pratiques d’aménagement respectent cet engagement de diminuer nos émissions de GES et de contrer les impacts des changements climatiques.

En finissant, et comme l’a si bien mentionné l’actuel maire de Québec, « C’est fini le niaisage. La Terre ne peut pas attendre ».

Stéphanie Lacoste
Mairesse de Drummondville

 

Avis de convocation
Assemblée générale annuelle du Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec
Mercredi, 15 juin 2022
Victoriaville

Le Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec (CRECQ) vous invite à participer à sa 26e assemblée générale annuelle qui aura lieu à Victoriaville, dans la MRC d’Arthabaska, le mercredi 15 juin 2022.

Au programme de la journée :

15 h 00 – Visite de l’Écoparc industriel Daniel-Gaudreau de Victoriaville
La visite sera guidée par l’équipe de la Corporation de développement durable qui nous accueille pour l’occasion.
Rendez-vous à l’entrée de l’Écoparc situé au 120 rue J-Aurèle Roux à Victoriaville.
Précision : Merci de bien vouloir vous stationner dans la rue afin de respecter les stationnements privés des entreprises environnantes

16 h 30 – Visite d’un stationnement écoresponsable 
Nous vous proposons la visite des aménagements d’un stationnement écoresponsable en compagnie de Mme Carline Gazal, coordonnatrice du développement durable au Service de la gestion du territoire et du développement durable à la Ville de Victoriaville.
Rendez-vous au Stationnement situé à proximité du 16, rue Perreault à Victoriaville.

17 h 30 – Souper des membres
Le CRECQ vous offre gracieusement de vous joindre à lui au restaurant Le Gavroche pour le repas du soir qui précèdera l’AGA. Durant cette période, vous aurez l’occasion de discuter avec les différents membres de l’équipe de travail concernant les projets qui ont été réalisés au courant de l’année 2021-2022.
Rendez-vous au 304, rue Notre-Dame Est, à Victoriaville.

18 h 30 – 26e Assemblée générale annuelle 2022
L’AGA 2022 du CRECQ aura lieu au restaurant Le Gavroche de Victoriaville situé 304, rue Notre-Dame Est, à Victoriaville. Notez qu’il est nécessaire d’être inscrit officiellement à titre de membre ET d’avoir payé sa cotisation annuelle afin d’obtenir le statut de membre avec droit de vote lors de l’assemblée générale annuelle du CRECQ. Pour adhérer au CRECQ, rendez-vous au www.crecq.qc.ca/devenir-membre.

2 mai 2022 – La gestion de l’eau et son avenir au Centre-du-Québec

L’eau est une ressource qui ne connaît pas de frontières. Soumis aux aléas du territoire et aux particularités topographiques régionales, elle ne reconnaît pas les limites administratives qui découpent le sud du Québec. Cette ressource respecte plutôt les limites de ce qu’on désigne comme un bassin versant. Ce terme désigne l’ensemble d’un territoire drainé par un cours d’eau principal et par ses tributaires. Ces limites sont ainsi définies à partir des points les plus élevés qui déterminent la direction des eaux de ruissellement jusqu’à l’embouchure du cours d’eau.

Cette particularité nécessite de repenser la façon de gérer le territoire, qui ne peut s’arrêter aux seules frontières administratives qui délimitent les territoires municipaux. En effet, les impacts survenant en amont d’un cours d’eau peuvent n’avoir des répercussions qu’en aval de celui. Afin de bien prendre en compte ces externalités dans la région de l’eau, un nouveau mode de gestion fut adopté au Québec au tournant des années 2000. Il s’agit de la Gestion intégrée de l’eau par bassin versant (GIEBV).

Il s’agit d’un mode de gestion qui considère l’ensemble des usages qui ont un impact sur la ressource en eau et les milieux qui y sont associés. Elle permet de faciliter la compréhension des problématiques et l’impact des effets cumulatifs à l’intérieur du bassin versant, de l’amont vers l’aval. Cette approche cherche ainsi à inclure les intérêts, les ressources et les contraintes de l’ensemble des acteurs de l’eau à l’intérieur de la gestion durable de cette ressource collective.

La GIEBV fut initialement mise en place par le gouvernement du Québec en novembre 2002 avec l’adoption de la Politique nationale de l’eau. Cette politique fut instaurée suite à la mise sur pied d’organisme de gestion par bassin versant au Québec, tel que le Comité de bassin de la rivière Chaudière (COBARIC). Le gouvernement s’engageait par cette mesure à mettre en place la gestion de l’eau au sein de la province selon le principe de gestion par bassin versant. De cette mesure, 33 organismes de bassins versants (OBV) furent créés afin de mettre en place la GIEBV sur les territoires de 33 rivières jugées prioritaires. Cette mesure fut ainsi à l’origine de la mise sur pied des organismes de bassins versants de la région du Centre-du-Québec, soit le Groupe de concertation du bassin versant de la rivière Bécancour (GROBEC), l’Organisme de concertation pour l’eau des bassins versants de la rivière Nicolet (COPERNIC), le Comité de gestion du bassin versant de la rivière Saint-François ainsi que le Conseil de gestion du bassin versant de la Yamaska (COGEBY), qui fut fondé quelques années auparavant en 2000.

La Loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau et visant à renforcer leur protection fut adoptée quelques années plus tard en 2009. Ce texte de loi est venu reconnaître l’importance de l’eau comme bien collectif du Québec et est venu définir plus précisément la mission des OBV. Les OBV ont ainsi pour mission d’élaborer et de mettre à jour un plan directeur de l’eau et d’en promouvoir et d’en suivre la mise en œuvre. Cette mission doit s’assurer d’une représentation équilibrée des acteurs de l’eau. L’adoption de cette loi fut également l’occasion de redécouper le territoire du Québec méridional en 40 zones de gestion intégrée de l’eau, afin de couvrir l’ensemble du territoire de la province.

Plusieurs mandats spécifiques furent également attribués aux OBV par le gouvernement québécois afin de définir leur rôle sur le territoire, dont :
–  Favoriser la concertation des intervenants régionaux concernés par les enjeux de l’eau sur leur territoire respectif;
–  Informer, mobiliser, consulter et sensibiliser la population, ainsi que promouvoir la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) sur leur territoire respectif;
–  Élaborer un plan directeur de l’eau (PDE) représentatif des préoccupations et de la vision d’avenir du milieu.

Ce dernier point constitue l’une des pierres angulaires de la GIEBV. Cet outil de planification vise ainsi à déterminer et hiérarchiser les interventions à réaliser dans un bassin versant pour atteindre les objectifs fixés de manière concertée par l’ensemble des acteurs de l’eau de ce territoire, issus des milieux économiques, municipaux, environnementaux et communautaires.

Les OBV œuvrent ainsi depuis les dernières années avec l’ensemble des acteurs à la mise en œuvre de leur PDE. Ce travail collectif a permis de s’attaquer aux nombreuses problématiques affectant les lacs, rivières et milieux humides de la province, que ce soient les enjeux de qualité et/ou quantité d’eau, l’eutrophisation des plans d’eau et l’apparition de cyanobactérie au sein de ceux-ci, etc.

Ces efforts furent accompagnés d’une modernisation de la réglementation et des manières de faire. Pensons aux travaux de rénovation de la Loi sur la Qualité de l’Environnement (LQE) qui sont venus entre autres renforcer la protection des cours d’eau. La gestion des cours d’eau vise maintenant plutôt une approche ayant pour objectif de retenir les sédiments à la source plutôt qu’à procéder systématiquement à leur retrait par l’entretien des cours d’eau.

Beaucoup de travail demeure toutefois à réaliser afin de conserver et de protéger cette ressource collective. La région des Basses-Terres du Saint-Laurent a ainsi été le témoin depuis les dernières décennies d’une destruction importante des milieux humides qui l’habite. Des études ont également montré un portrait similaire pour la région des bassins versants de la zone Bécancour se trouvant au Centre-du-Québec, où près de 5 433 ha de tourbières furent irréversiblement perturbés et perdus entre la période de 1966 et 2010.

La conservation des milieux humides et hydriques subsistants est autant plus importante, compte tenu des nombreux services écologiques que ceux-ci peuvent apporter à la population et à l’environnement. Cette conservation doit certes inclure des mesures de protection des complexes d’intérêts, mais également passer par des actions de restauration des sites dégradés et l’utilisation durable de ces milieux. L’instauration du principe de zéro perte nette par l’adoption de la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques (LCMHH), et la prise en compte de l’importance de ces milieux dans l’aménagement du territoire représente une bonne avancée dans ce dossier.

La conservation des milieux humides et hydriques représente également une mesure essentielle dans l’adaptation aux changements climatiques. Ces changements climatiques ainsi que les impacts associés affecteront significativement la région du Centre-du-Québec au cours des prochaines décennies.

Les divers changements attendus pourront ainsi accentuer les problématiques d’inondations et de débâcles au printemps, provoquant entre autres une augmentation de la fréquence de surcharge des systèmes d’égouts. L’adoption d’une gestion durable des eaux pluviales par les citoyens et les municipalités représente ainsi une mesure importante pour l’adaptation de nos collectivités à ce nouvel enjeu.

L’augmentation des températures aura également comme impact d’aggraver la sévérité des étiages estivaux. Cette baisse des débits d’eau aura plusieurs impacts significatifs pour le milieu, dont l’approvisionnement des municipalités et résidences en eau potable et l’irrigation des terres agricoles. Il sera donc important de repenser gestion des écoulements d’eau, afin de transiter d’une approche d’évacuation de l’eau le plus rapidement possible à une stratégie visant plutôt la rétention de l’eau sur nos territoires. La conservation des milieux humides devra occuper une place centrale de cette gestion, en raison de leur fonction naturelle de rétention.

Ces nombreux défis à venir justifient d’autant plus la nécessité d’adopter une vision concertée de la gestion des ressources en eaux et des milieux humides et riverains associés par bassin versant. Les cours d’eau ont longtemps été perçus comme des canaux d’évacuation des eaux et des déchets. Ils sont aujourd’hui heureusement reconnus davantage comme des écosystèmes abritant une riche vie aquatique et offrant de nombreux services à la société. La mise en œuvre collective des actions visant à conserver et mettre en valeur l’eau demeure ainsi une priorité afin de protéger et pérenniser cette ressource pour les générations futures.

 

Emanuel Laplante
Directeur général du Groupe de concertation des bassins versants de la zone Bécancour (GROBEC)

25 ans d’action environnementale au Centre-du-Québec
Le CRECQ lance un recueil historique à l’occasion de cet important anniversaire

Le 21 avril dernier, le Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec (CRECQ) a célébré en grande pompe son 25e anniversaire lors d’un évènement unique regroupant les principaux acteurs de son développement, ses nombreux partenaires et les grandes figures de la politique municipale centricoise. Pour l’occasion, l’organisme a procédé au lancement d’un recueil historique, réunissant ses grandes réalisations et illustrant l’étendue de son expertise en matière d’action et de sensibilisation environnementale.

« Depuis 25 ans, le CRECQ a rédigé de nombreux mémoires et a mené à bien un nombre impressionnant de projets environnementaux aux quatre coins du Centre-du-Québec.  Que ce soit pour la protection d’espèces menacées, la promotion de la mobilité durable ou la réalisation de travaux de verdissement, ce recueil historique met en lumière les réussites, mais surtout tous ceux et celles qui ont contribué à les mettre en œuvre au bénéfice de notre environnement », mentionne M. Claude Lefebvre, président du CRECQ et maire de la municipalité de Baie-du-Febvre.

Le CRECQ  a donc été fondé le 21 avril 1997 à titre d’organisme à but non lucratif regroupant les intervenants en environnement de la région du Centre-du-Québec, dont la mission est de promouvoir la protection et l’amélioration de l’environnement, dans une optique de développement durable. Celui-ci fait partie d’un ensemble de 16 conseils régionaux de l’environnement, chapeauté par le Regroupement national des conseils régionaux du Québec (RNCREQ).

La mission du CRECQ est avant tout d’agir à titre d’organisme de concertation et c’est dans cet esprit de collaboration qu’il compte poursuivre ses actions futures. « Cela fait maintenant 25 ans que notre région a la chance de pouvoir compter sur cet organisme afin de soutenir, entre autres, les efforts des MRC et des municipalités en matière de protection de nos milieux naturels, de lutte et d’adaptation aux changements climatiques, de gestion des matières résiduelles et de développement durable », conclut M. Lefebvre.

Sous les pavés : Le CRECQ devient un leader de la déminéralisation participative au Québec

Le Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec (CRECQ) est fier d’annoncer qu’il devient l’un des 12 nouveaux leaders québécois de la déminéralisation participative dans le cadre de la phase 2 du projet Sous les pavés. Le CRECQ s’engage donc à déminéraliser et à verdir deux sites au Centre-du-Québec d’au moins 100 m2, tout en mobilisant des partenaires et les communautés concernés dans le processus.

« Ayant acquis ces dernières années une solide expérience en matière de verdissement avec le projet Coup de fraîcheur à Drummondville, le CRECQ souhaite maintenant en faire bénéficier les autres régions du Centre-du-Québec. En plus d’être avantageux pour l’environnement en offrant une meilleure gestion des eaux pluviales et un milieu de vie plus résilient face aux changements climatiques, le verdissement urbain permet de lutter contre les îlots de chaleurs qui ont des répercussions significatives sur la santé des populations concernées », précise M. Claude Lefebvre, président du CRECQ.

Dès l’été 2022, les travaux débuteront à Victoriaville sur le stationnement du 20, rue Albert appartenant à l’Office municipal d’habitation de Victoriaville-Warwick. L’année suivante c’est la Place du 21-mars, située dans la municipalité de Nicolet, qui accueillera ce projet qui vise à mobiliser activement tant les propriétaires, les organisations et les entreprises locales, que les citoyens pour transformer ces sites asphaltés en lieux frais, conviviaux et verdoyants.

En s’engageant dans la démarche, le CRECQ bénéficie d’un accompagnement du Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM) afin de développer ses compétences, d’agir concrètement dans la communauté et de contribuer aux solutions d’adaptation aux changements climatiques. Pour la période 2021-2024, le CEUM soutiendra 12 leaders dans 9 régions du Québec pour déminéraliser, à la main et de manière participative, 18 espaces publics ou à vocation communautaire vulnérables aux îlots de chaleur.

Rappelons que la phase 2 du projet Sous les pavés bénéficie d’une aide financière du gouvernement du Québec tirée du programme Action-Climat Québec et rejoint les objectifs du Plan pour une économie verte 2030. Le déploiement du programme dans les différentes communautés est rendu possible grâce au soutien financier du Groupe Banque TD dans le cadre de La promesse TD Prêts à agir.

4 avril 2022 – L’évolution des pratiques agricoles au bénéfice de l’environnement

Depuis la fin de mes études à l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) de Saint-Hyacinthe, il y a de cela 40 ans, les pratiques agricoles ont évoluées de manière phénoménale. À l’époque le labour était roi et il ne fallait pas qu’un seul brin d’herbe dépasse sinon on était jugé comme un mauvais laboureur. Nous avions des cours qui nous renseignaient sur les insectes nuisibles et les techniques à appliquer pour les détruire. Les insecticides étaient notre seul salut… J’avais mis la main sur un petit livre écrit par Jacques Petit dont le titre  Le compost  m’a vraiment intrigué. Ce mot ne faisait pas partie de mon vocabulaire et de celui de la plupart des gens à l’époque. Cette petite lecture m’a toutefois ouvert les yeux et m’a fait prendre conscience qu’on pouvait faire de l’agriculture plus proche de la nature et que le sol n’est pas qu’un simple support pour les plantes.

Au fil du temps, quelques agriculteurs ont débuté à appliquer certaines pratiques agroenvironnementales préconisées par le ministère de l’Agriculture. On parle de :
– Application de fumier au printemps plutôt qu’à l’automne ;
– Réduction des engrais de synthèse ;
– Plantation de haies brise-vent ;
– Réduction des surfaces labourées ;
– Établissement de bandes riveraines en bordure des fossés ;
– Adoption du semis sans travail du sol ;
– Semis d’engrais vert.

Ces façons de faire étaient nouvelles et ont été adoptées lentement parce que l’expertise pour bien les réussir était déficiente. En quinze ans, soit entre 1985 et 2000, nous sommes passés d’un petit groupe qui faisait des essais-erreurs à un bon noyau de personnes qui réussissait bien et qui avait la capacité de faire la promotion de ces bonnes pratiques.

À partir de ce moment, les nouvelles façons de faire ont été graduellement adoptées dans la majorité des fermes du Québec. Un paquet de facteurs ont contribué à leur adoption. :
– Une meilleure formation académique des futurs agricultrices et agriculteurs ;
– La menace des changements climatiques ;
– Les clubs conseil en agroenvironnement ;
– La pression des groupes environnementaux ;
– La règlementation du ministère de l’Environnement ;
– La demande des consommateurs pour des aliments plus sains ;
– Les programmes d’aides financières du MAPAQ (Prime Vert) ;
– La diminution des coûts de production et l’amélioration de la rentabilité des fermes qu’entraine l’adoption de ces bonnes pratiques.

Aujourd’hui, la très vaste majorité des entreprises agricoles ont adopté des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Cela est tangible avec le nouveau Programme de rétribution des pratiques agroenvironnementales du Plan d’agriculture durable du MAPAQ qui a connu un succès dépassant largement les prévisions. En effet, le fonds réservé de 14 millions a été réclamé en moins de vingt-quatre heures. Les entreprises agricoles sont donc au rendez-vous, mais on doit constater que l’encouragement financier du gouvernement (donc de la société) doit être ajusté.

Les agricultrices et agriculteurs du Québec ont fait des pas de géant au niveau de leur contribution à l’environnement dans les dernières décennies. Particulièrement ces 4 ou 5 dernières années où les bonnes pratiques se sont généralisées.

Nous avons encore beaucoup de travail à faire, peut-être autant que par le passé. Le grand objectif serait d’avoir une agriculture carboneutre et même qui pourrait bénéficier de crédits de carbone sur une plus vaste échelle qu’actuellement. Les façons d’y arriver seraient en outre d’avoir des bandes riveraines élargies, de planter plus d’arbres en milieu agricole, de mettre à profit l’agroforesterie et de garder nos sols sous couvert végétal le plus possible, mais selon moi un point demeure fondamental. Il faut améliorer la santé de nos sols en favorisant par tous les moyens possibles l’augmentation du taux de matières organiques. Cette augmentation a de formidables effets sur un paquet de facteurs à commencer par la captation du carbone dans l’air. Ça améliore aussi la structure du sol, ce qui le rend beaucoup plus résilient et résistant au passage de la machinerie.  Le sol est alors capable d’absorber et de conserver plus d’eau de pluie, de résister mieux à l’érosion tant hydrique qu’éolienne et de devenir plus aéré, ce qui favorise la prolifération de vers de terre et autres micro-organismes utiles.

En somme, l’agriculture constitue pour moi une sphère d’activités à haut potentiel dans l’objectif d’avoir une planète plus verte. Les agricultrices et les agriculteurs travaillent de mieux en mieux avec la nature, mais les défis sont grands pour l’avenir. Ceux-ci ont besoin de notre aide et de nos encouragements. Je suis très enthousiaste face au virage que prend l’agriculture au Québec actuellement. Chaque geste possible est crucial pour favoriser notre adaptation que nous imposent les changements climatiques.

Claude Lefebvre
Agriculteur
Maire de la municipalité de Baie-du-Febvre et préfet suppléant de la MRC de Nicolet-Yamaska
Président du conseil d’administration du CRECQ

Le CRECQ mobilise des citoyens du Centre-du-Québec pour la conservation des chauves-souris
Le Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec (CRECQ) accompagne de nombreux propriétaires privés de milieux naturels dans la région pour les sensibiliser à la conservation de l’habitat des chauves-souris, espèces aujourd’hui protégées en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada.

« Certaines de ces espèces de chauves-souris ont connu des déclins de plus de 90% de leur population au Québec. Cela est dû principalement au syndrome du museau blanc, qui cause la mort de la majorité des chauves-souris qui hibernent au Québec. À cela s’additionnent les menaces liées aux activités humaines comme la perte d’habitats causée par le développement urbain, la destruction de milieux humides, la diminution des chicots et l’utilisation de pesticides », indique Rébecca Matte, chargée du projet Espèces en périls au CRECQ.

Le CRECQ s’attèle depuis 5 ans à sensibiliser les propriétaires privées du Centre-du-Québec afin de les inviter à prendre part à un vaste projet de conservation volontaire. Cela consiste principalement à consentir à la réalisation d’un inventaire fait sur le terrain afin de répertorier les éléments d’intérêt pour les espèces en péril. À la suite de cela, un rapport personnalisé est remis en main propre aux propriétaires participants. « Nous accompagnons ces citoyens dans chacune des étapes de cette démarche volontaire et gratuite dans le but de leur permettre de mettre en œuvre une série d’actions concrètes les engageant pour la conservation des chauves-souris. Les propriétaires privés sont des acteurs de premier plan dans le maintien de la biodiversité du Centre-du-Québec », précise Camille Pelletier-Guittier, biologiste au CRECQ.

Parmi les propriétaires qui se sont engagés à conserver les habitats, on retrouve Mme Hélène Jolette de l’Érablière Jo2, située à Saint-Pierre-Baptiste dans la MRC de l’Érable. Celle-ci se dit motivée par la rencontre avec les intervenantes du CRECQ : « On sait maintenant ce que l’on peut faire pour favoriser un habitat propice aux chauves-souris. C’est tout un univers qui s’ouvre à nous. Mon conjoint Harley et moi avons hâte au printemps pour voir si nous en verrons dans notre forêt. En entaillant nos érables, on se disait que quelques vieux arbres morts feraient sans doute de bons abris pour les chauves-souris ».

Le CRECQ souhaite remercier chaleureusement les nombreux propriétaires qui se sont engagés en 2021 dans la conservation de l’habitat des chauves-souris, notamment Dave Bérubé, l’Érablière Frédélice, Éric Fortier, la Ferme Adricole, la Ferme Bernard Fortier, la Ferme Fortoise, la Ferme GO Fortier, la Ferme Valtanguay, Harley Johnson et Hélène Jolette, Mario Marcoux, Mathieu Lachance-Fortier, Pierre Fortier et Sébastien Fortier. Rappelons que ce projet a été soutenu financièrement par la Fondation de la faune du Québec et Environnement Canada via le Programme de l’intendance de l’habitat.

 

Vous souhaitez entamer une démarche de conservation volontaire avec le CRECQ?
En vue de la poursuite du projet en 2022, le CRECQ est à la recherche de propriétaires du Centre-du-Québec qui ont des habitats potentiellement intéressants ou qui y ont déjà aperçu des chauves-souris. Les personnes intéressées par la démarche peuvent contacter Rébecca Matte à l’adresse courriel suivante rebecca.matte@crecq.qc.ca ou par téléphone au 819-475-1048, poste 218.

Apprenez à connaitre les chauves-souris du Québec
Les chauves-souris du Québec sont des insectivores, inoffensives pour l’humain, qui jouent un rôle très important dans le contrôle d’insectes volants et nocturnes. En saison estivale, une seule chauve-souris peut manger jusqu’à 600 insectes à l’heure. On distingue huit espèces différentes sur le territoire et celles-ci apprécient les paysages diversifiés qui comprennent des plans d’eau, des milieux humides, des champs, des forêts, et des corridors boisés.


Photos
1. Installation d’un dortoir de chauves-souris chez un propriétaire participant à la démarche de conservation volontaire (CRECQ)
2. Petite chauve-souris brune affectée par le syndrome du museau blanc (Frédérick Lelièvre, MFFP)
3. Paysage du Centre-du-Québec typique de l’habitat des chauves-souris (CRECQ)

1 mars 2022 – Un même défi collectif

L’égalité des chances pour tous est un principe travaillé depuis les cinquante dernières années au Québec[i]. Une nouvelle réalité fait toutefois son chemin dans notre collectivité, celle des inégalités sociales climatiques. Au moment où le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publie son nouveau rapport[ii] sur la progression plus rapide qu’anticipée des impacts des changements climatiques, il importe de souligner la vulnérabilité de certains individus et groupes plus à risque de subir des préjudices associés aux changements climatiques.

Le milieu de la santé utilise différents facteurs pour caractériser l’état de santé d’une personne ou d’une population, appelés les déterminants de la santé. Il peut s’agir de facteurs personnels, sociaux, économiques et environnementaux[iii]. Au niveau des changements climatiques, on peut penser aux caractéristiques personnelles, aux aspects de l’environnement physique ainsi qu’à la capacité à se préparer, réagir et se remettre des impacts des changements climatiques[iv].

La lutte aux inégalités sociales et celle contre les changements climatiques sont ainsi fortement interreliées. Les conséquences engendrées par les risques accrus du climat auront un impact disproportionné sur les personnes plus vulnérables. Les gens ayant un plus faible revenu sont souvent dans l’obligation de se loger dans un environnement bâti de moindre qualité où les îlots de chaleur sont présents. Considérant que les milieux urbains connaîtront des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses ainsi qu’une augmentation des incidences de la mauvaise qualité de l’air[v], il est impératif d’aménager et de renaturaliser les milieux de vie.

Un piège semblable attend également les personnes plus vulnérables en matière de réduction des GES. Nos municipalités étant pour la plupart construites de façon étalée, la seule option viable pour se déplacer pour se rendre notamment au travail est souvent d’utiliser une voiture. Alors qu’une automobile coûte des milliers de dollars par année à opérer, ceci place un fardeau insoutenable sur les ménages à plus faible revenu qui se voient obligés de réduire d’autres dépenses importantes par obligation d’avoir à payer une ou des voitures. Pourtant, les solutions existent pour bonifier l’offre d’alternatives beaucoup moins dispendieuses qu’une voiture, comme le transport en commun, le vélo, la marche et le covoiturage.

Le CRECQ est conscient de cette réalité et souhaite contribuer à mettre en place des solutions pour à la fois favoriser l’équité sociale et protéger l’environnement. C’est dans cet esprit que nous avons notamment mis en œuvre deux projets qui combinent ces deux préoccupations.

Coup de fraîcheur a pour objectif la végétalisation d’espaces publics à Drummondville au bénéfice de la communauté. Ce projet soutient le verdissement d’espaces collectifs dans des secteurs où on retrouve une forte proportion d’îlots de chaleur urbains et des communautés vivant en situation de pauvreté et d’exclusion.

Libre et mobile au Centre-du-Québec a pour but de sensibiliser, mobiliser et accompagner des organisations et leurs employés dans la pratique du navettage durable. Les citoyens et citoyennes sont invité.es à utiliser des modes de transport durables (covoiturage, autobus, marche, vélo, etc.) et partager leur expérience avec le CRECQ afin d’identifier les difficultés et les facteurs facilitant la mobilité durable. Le CRECQ accompagnera ensuite certaines municipalités et MRC afin de faciliter l’intégration de ces informations dans leurs orientations et actions en mobilité durable.

La réduction des inégalités sociales se doit d’être une préoccupation de tous les instants, incluant en matière de protection de l’environnement. Les changements climatiques sont un enjeu qui exacerbe ces inégalités, mais il est possible d’atténuer ces impacts par un effort collectif de lutte et d’adaptation aux changements climatiques. Le CRECQ s’engage à agir collectivement pour réduire les inégalités sociales en environnement. Ensemble, on peut changer les choses.

Andréanne Blais 
Biologiste,
Directrice générale du Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec

[i] Les inégalités sociales, réalité trop souvent reléguée au second plan. La Presse, 17 octobre 2020
[ii] Climate Change 2022: Impacts, Adaptation and Vulnerability. IPCC, March 2022
[iii] Cadre conceptuel de la santé et de ses déterminants. Émond, A., 2010
[iv] Les changements climatiques comme inégalités sociales de santé : Les cas des milieux urbains au Québec. Léa Llardo, Université de Sherbrooke, Octobre 2021
[v] Villes et milieux urbains. Dans Warren, F.J. et Lulham, N. (éd.), Le Canada dans un climat en changement : Rapport sur les enjeux nationaux. Brown, C., Jackson, C., Harford, D. et Bristow, D., 2021