3 septembre 2025 – Réconcilier la ville avec l’hiver : penser les parcours piétons autrement

L’hiver québécois n’est pas figé dans une seule image de froid sec et de trottoirs enneigés. Il évolue au fil des semaines et des mois, alternant journées glaciales, tempêtes, redoux, grands vents, mais aussi certains jours ensoleillés bien agréables. Cette réalité impose aux piétons, commerçants et municipalités de composer avec un environnement changeant où chaque condition modifie les défis de déplacement et d’accessibilité. Dans un contexte de changements climatiques, où les épisodes de gel et de dégel s’intensifient, adapter les infrastructures  piétonnes devient essentiel.

Pour documenter ces réalités, Rues principales a mené, durant l’hiver 2024-2025, une étude comparative sur 12 tronçons et intersections à Montréal, observés à différents moments hivernaux. L’objectif était d’identifier les aménagements et pratiques d’entretien qui favorisent des parcours piétons sécuritaires et agréables, notamment vers les commerces et services de proximité.

Certaines problématiques reviennent systématiquement. L’accumulation d’obstacles aux bateaux de trottoirs, ces abaissements permettant au piéton de rejoindre la chaussée, est présente dans 69 % des sites, souvent liée à la géométrie des rues. Dans les rues à profil en couronne, le point le plus bas se situe à l’intersection trottoir-chaussée, ce qui entraîne l’accumulation de sloche et d’eau directement sur le parcours piéton. Le déneigement est un autre exemple : des andains peuvent être créés et peuvent non seulement être difficiles à enjamber, mais aussi entraîner l’encombrement des puisards. En fin de compte, cela engendre des accumulations aux bateaux de trottoirs.

Il n’existe pas de solution unique qui conviendrait à tous les sites. Le choix des aménagements dépend du flux de piétons et d’automobiles, de la présence de transport en commun, du nombre de voies et du contexte environnant. Par contre, parmi les pistes de solutions identifiées par l’étude, la surélévation des intersections et des traverses piétonnes apparaît comme la mesure à privilégier lorsque le contexte le permet. Elle limite l’accumulation d’eau de fonte dans les corridors piétonniers grâce à un meilleur drainage, réduit la vitesse des véhicules à l’approche des traverses et, combinée à une avancée de trottoir, améliore la visibilité des piétons. Il est toutefois essentiel de positionner correctement les bouches de puisards, notamment en haut de pente, pour éviter toute accumulation d’eau.

Aménager les infrastructures n’est qu’une première étape. Afin de s’approprier l’hiver, il faut également activer les espaces publics : illuminer les rues, ajouter de la couleur et de l’art urbain pour égayer le quotidien et offrir des parcours qui incitent au mouvement afin de conserver notre chaleur. L’ajout de points de chaleur et de zones de repos favorise les rencontres et prolonge la vie sociale en extérieur. Ces parcours hivernaux sécuritaires et agréables soutiennent directement la vitalité commerciale. Un trottoir dégagé devant un commerce, un chemin sûr entre un arrêt de bus et une pharmacie, un raccourci éclairé vers l’école, ce sont ces éléments qui transforment la vie hivernale quotidienne.

Investir dans l’hiver, c’est miser sur une ville accessible, inclusive et active toute l’année. La vitalité hivernale de nos cœurs de collectivités nécessite une attention particulière. Forts de plusieurs années de réflexion sur l’aménagement et l’activation des villes en hiver, nous disposons d’un répertoire solide de solutions pour vous guider vers des choix cohérents avec nos réalités saisonnières. Être bien accompagné permet de mettre en œuvre ces solutions et fait toute la différence.

 

Marie Chartier, M.Sc. Urbanisme
Coordinatrice de projets

 

 

 

Journée immersive : Nos milieux hydriques au cœur de la connectivité écologique

23 septembre 2025
8 h 45 – 16 h 00
Lieu du départ : 1000 Rue Champoux, Saint-Albert, QC J0A 1E0, Canada

Prix membre CRECQ ou COPERNIC : 35$
Prix non-membre : 45$

Le CRECQ et COPERNIC vous invitent à prendre part à une journée immersive sous le thème des Corridors aquatiques : les milieux hydriques au cœur de la connectivité écologique. Prenez part à cette tournée des différents sites emblématiques de la thématique, en compagnie d’expert(e)s. Les grands thèmes qui seront traités sont les espèces exotiques envahissantes, la restauration d’une plaine inondable, les aménagements fauniques et la gestion des problématiques hydriques.

L’Événement a lieu cette année dans la MRC d’Arthabaska et le point de rassemblement pour le départ sera situé dans le stationnement des bureaux de l’OBV Copernic, situé à Saint-Albert. Notez que le transport sera assuré par autobus. L’inscription est obligatoire et des frais de participation sont exigés. Le repas du midi sera fourni aux participants.

Le projet Connectivité s’inscrit dans l’Initiative québécoise Corridors écologiques (IQCÉ) lancée par Conservation de la nature Canada et menée par 10 organismes et leurs nombreux partenaires. L’IQCÉ propose une approche collective de l’aménagement du territoire afin d’accélérer la conservation de milieux naturels connectés par des corridors écologiques dans le sud du Québec.

Ce projet a été réalisé dans le cadre du projet Accélérer la conservation dans le sud du Québec (ACSQ) pour lequel Conservation de la nature Canada a reçu une aide financière du gouvernement du Québec.

Le projet Conservation des noyaux d’intérêt du Centre-du-Québec est réalisé avec l’appui financier du Gouvernement du Canada.

8 août 2025 – Les plastiques agricoles au Centre-du-Québec : Un défi environnemental qui se transforme en opportunité

Comme dans tous les secteurs économiques, le plastique est omniprésent en agriculture : films et bâches d’ensilage, contenants de pesticides, ficelles de balles rondes, sacs de moulée, tubulures d’érablières. Ces matériaux, essentiels à la productivité agricole, représentent un enjeu environnemental pour le Centre-du-Québec, où l’agriculture occupe une place prépondérante dans l’économie locale.

Des solutions concrètes en action

Nos 3 400 exploitations agricoles de la région génèrent annuellement plusieurs centaines de tonnes de plastiques usagés. Conscients de leurs responsabilités environnementales, les producteurs réclamaient depuis longtemps des solutions de récupération adaptées à leurs réalités.

Une transformation encourageante s’amorce grâce aux efforts concertés d’AgriRÉCUP et de nos partenaires régionaux (UPA, MRC, municipalités, détaillants agricoles). Cette évolution s’inscrit dans le cadre du nouveau Règlement sur la responsabilité élargie des producteurs (RRVPE), entré en vigueur en 2023.

Le RRVPE applique le principe de responsabilité élargie des producteurs : les entreprises qui commercialisent des produits au Québec sont responsables de leur gestion en fin de vie. AgriRÉCUP, organisme sans but lucratif créé par l’industrie agricole, est l’organisme de gestion reconnue par RECYC-QUÉBEC qui coordonne désormais la récupération et le recyclage des plastiques agricoles à l’échelle provinciale au nom de ces entreprises agricoles.

En date du 15 juillet 2025, le Centre-du-Québec compte 20 points de dépôt pour récupérer diverses matières plastiques agricoles et acéricoles. Une carte interactive est disponible sur agrirecup.ca. S’ajoutent 20 municipalités offrant une collecte directe aux fermes pour récupérer les pellicules blanches de balles de foin, matière la plus volumineuse de la région. Plusieurs autres démarches sont en cours pour ajouter des services dans la région.

Défis persistants et solutions innovantes

Malgré ces avancées, des défis subsistent. La contamination des plastiques par d’autres déchets, la terre et les pierres complique le recyclage. La sensibilisation des producteurs, bien qu’en progression, doit être renforcée continuellement. Contrairement aux matières recyclables déposées dans les bacs de collecte sélective, les plastiques agricoles ne passent pas par un centre de tri. Un tri rigoureux à la source par l’agriculteur est donc essentiel pour atteindre les standards de qualité exigés par les recycleurs.

Près de 95% des plastiques récupérés aux points de dépôt AgriRÉCUP sont véritablement recyclés. Depuis 2018, l’entreprise Maxi-Drain de Sainte-Françoise, dans la MRC de Bécancour, collabore avec AgriRÉCUP pour intégrer du plastique recyclé dans ses produits. En 2024, elle a utilisé presque la totalité des 1 000 tonnes de contenants vides de pesticides et fertilisants récupérés dans l’est du Canada pour fabriquer des tuyaux de drainage agricole, bouclant ainsi la boucle du recyclage de la ferme à la ferme.

Vers une agriculture circulaire

L’avenir passe par une approche d’économie circulaire. Nous collaborons activement avec les manufacturiers pour développer des plastiques plus facilement recyclables, tout en sensibilisant les producteurs à l’importance du tri. Nos projets de recherche et développement visent à créer des contenants fabriqués à partir de contenants, des sacs à partir de sacs.

Toutes ces initiatives novatrices répondent à l’objectif de zéro déchet plastique dans le secteur agricole avec comme but de garder les plastiques en circulation dans l’économie et hors de l’environnement.

𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜𝐢𝐬 𝐆𝐚𝐮𝐭𝐡𝐢𝐞𝐫, AgriRÉCUP

Le vélo à assistance électrique comme alternative à la voiture de courtoisie
Le Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec (CRECQ) recrute des ateliers de mécanique automobile et des concessionnaires automobiles situés dans la MRC de l’Érable afin de leur offrir gratuitement des vélos à assistance électrique à mettre à la disposition de leur clientèle.

« Le volet Vélo de courtoisie du projet Pratico Vélo vise à faire découvrir à la population centricoise une option de mobilité active, durable, accessible, et ce, sans aucun frais. Ce projet pilote du CRECQ a connu un grand engouement pendant la saison estivale dans la région de Drummondville et dès le mois de septembre, celui-ci sera déployé dans la grande région de Plessisville pour l’automne. » – Arianne Lefebvre, chargée du projet Pratico Vélo au CRECQ.

En plus de recevoir des vélos à assistance électrique munis de nombreux accessoires et d’une assistance routière CAA, les garages participants recevront un accompagnement clé-en-main, comprenant une formation sur la sécurité routière et l’utilisation optimale des vélos. Pour obtenir des vélos de courtoisie, les ateliers de mécanique automobile intéressés sont invités à contacter l’équipe mobilité durable à mobilite@crecq.qc.ca ou par téléphone au (819) 475-1048 #215.

Rappelons que le projet Pratico Vélo, mis sur pied par le CRECQ, sera en tournée à travers tout le Centre-du-Québec jusqu’en 2029. Celui-ci comprend quatre volets mettant de l’avant l’utilisation du vélo à assistance électrique, traditionnel ou cargo, comme alternative à la voiture pour les déplacements du quotidien effectués par les commerces effectuant des livraisons, les familles et les entreprises du territoire. Consultez le crecq.qc.ca/pratico-velo pour obtenir plus d’informations ou pour signaler votre intérêt à participer à l’un ou l’autre des volets de ce projet.

Pratico Vélo est réalisé avec l’appui financier du gouvernement du Canada, par l’entremise du Fonds pour dommages à l’environnement et de celui du gouvernement du Québec dans le cadre d’Action-Climat Québec, un programme coordonné par le Fonds d’action québécois pour le développement durable et qui découle du Plan pour une économie verte 2030.

2 juillet 2025 – La réglementation pour décarboner les bâtiments au Québec : où en sommes-nous?

Camille Cloutier est avocate pour le Centre québécois du droit de l’environnement, organisme ayant pour mission de mettre une expertise juridique indépendante au service des citoyen·nes et de la protection de l’environnement.

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Au Québec, le chauffage des bâtiments est responsable d’environ 10% des émissions de gaz à effet de serre (GES) (1). Ce phénomène est largement dû à l’utilisation des combustibles fossiles dans les systèmes de chauffage, notamment le gaz naturel et le mazout (2). C’est pourquoi la « décarbonation des bâtiments » est une priorité de l’action climatique.

Où en sommes-nous aujourd’hui ? Quelles sont les prochaines étapes attendues ? Voici plus de détails sur l’évolution du cadre juridique.

En 2020, le gouvernement du Québec adopte le Plan pour une économie verte 2030 (3), qui se veut une feuille de route pour la lutte contre les changements climatiques. Concernant les émissions de GES des bâtiments, il est question d’éliminer le chauffage au mazout, de «convertir partiellement» le recours au gaz naturel vers l’électricité et de miser sur l’injection de gaz naturel renouvelable (GNR) dans le réseau de distribution.

Qu’est-ce que le GNR ? Le GNR est un gaz naturel qui, comme le gaz naturel traditionnel, est composé essentiellement de méthane et émet des GES lors de sa combustion. Il se distingue car il est produit à partir de matière organique non fossile ou encore de certains types d’hydrogène (4).

En 2021, Québec adopte donc le Règlement sur les appareils de chauffage au mazout en vertu duquel il est désormais interdit d’installer de nouveaux appareils au mazout dans les bâtiments résidentiels ainsi que de réparer de vieux appareils ou les remplacer par un appareil alimenté par tout autre combustible fossile (5). Les mesures pour réduire le recours au gaz naturel se font toutefois attendre.

En 2023, estimant les efforts du gouvernement provincial et des distributeurs insuffisants pour atteindre nos cibles climatiques et se fondant sur leurs compétences en matière d’environnement et d’urbanisme (6), des municipalités annoncent leur propre réglementation pour éliminer graduellement les systèmes de chauffage alimentés par des combustibles fossiles des bâtiments résidentiels sur leur territoire (7).

Cette contribution municipale ramène le sujet à l’ordre du jour. D’abord, le distributeur Énergir intente un recours judiciaire contre la Ville de Prévost pour invalider le règlement de décarbonation, qui se solde par une entente hors cour et le maintien du règlement. Puis, le Québec intervient en adoptant la Loi sur la performance environnementale des bâtiments (8) dans le but de fixer des normes qui s’appliqueront partout au Québec.

Adoptée en début 2024, cette nouvelle loi demeure toutefois vague quant aux exigences qui s’appliqueront aux bâtiments et à leur consommation énergétique. Elle prévoit plutôt l’adoption d’un règlement par le gouvernement qui précisera des normes de performance des bâtiments et des moyens de mise en œuvre. À l’heure d’écrire ces lignes, le contenu de ce règlement n’est pas encore connu. Il pourrait par exemple inclure des normes quant aux appareils de chauffage, aux normes d’isolation, aux matériaux utilisés ou encore aux mesures de mobilité durable.

Une fois le règlement provincial adopté, les municipalités devront s’assurer de ne pas dédoubler la réglementation. Elles pourront toutefois adopter leurs propres normes si elles sont plus exigeantes (9). Si elles souhaitent s’attaquer au type d’énergie utilisée par les bâtiments, elles pourraient avoir à demander l’approbation du ministre de l’Environnement (10).

Pour en savoir plus sur les aspects juridiques de la décarbonation des bâtiments et sur les pouvoirs des municipalités pour lutter contre les changements climatiques, visitez le site web du CQDE qui fournit de l’information vulgarisée : à https://cqde.org/

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(1) MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre en 2019 et leur évolution depuis 1990, 2021, p. 9, en ligne.

(2) Id., p. 41.

(3) GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Politique-cadre d’électrification et de lutte contre les changements climatiques, le Plan pour une économie verte 2030, 2020, en ligne

(4) Depuis 2019, un règlement oblige les distributeurs à assurer qu’un pourcentage minimal du gaz qu’ils distribuent à la clientèle soit composé de GNR (5% en 2025 et 10% en 2030)4 mais à l’heure actuelle, ces objectifs ne sont pas atteints. Voir Règlement concernant la quantité de gaz de source renouvelable devant être livrée par un distributeur, RLRQ, c. R-6.01, r. 4.3 et Hélène BARIL, «Énergir ne peut plus imposer le gaz renouvelable», dans La Presse, 24 février 2025, en ligne.

(5) Règlement sur les appareils de chauffage au mazout, RLRQ, c. Q-2, r. 1.1., art. 5 à 7.

(6) Effectivement, les municipalités du Québec ont de nombreuses compétences leur permettant d’agir dans la lutte contre les changements climatiques et pour la protection de l’environnement, notamment en matière de décarbonation. À ce sujet, voir CENTRE QUÉBÉCOIS DU DROIT DE L’ENVIRONNEMENT, collab. VIVRE EN VILLE, Les pouvoirs des municipalités de réglementer les émissions de gaz à effet de serre des bâtiments, automne 2022, en ligne.

(7) Les villes de Prévost, de Mont-Saint-Hilaire, de Candiac et de Montréal ont annoncé qu’elles adopteraient un règlement à cet effet.

(8) Loi sur la performance environnementale des bâtiments, RLRQ, c. P-9.02.

(9) Id., art. 30 (pas encore en vigueur)

(10) Id., art. 31.

Inauguration de la phase 1 du projet Emprise vivante à Drummondville : Un corridor de biodiversité en pleine ville

Le Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec (CRECQ) a inauguré la phase 1 du projet Emprise vivante à Drummondville qui vise à transformer une emprise de ligne de transport électrique en un véritable corridor de biodiversité. Ce projet s’inscrit à l’échelle nationale comme une initiative exemplaire pour la restauration des milieux naturels en zone urbaine.

Grâce à l’appui majeur offert par la Ville de Drummondville, la Caisse Desjardins de Drummondville et d’Hydro-Québec, la première phase du projet a pu voir le jour avec la création de multiples ilots de biodiversité, réalisés par la plantation de bosquets d’arbustes et de vivaces indigènes. Une piste multifonctionnelle a également été aménagée pour faciliter l’accès au site aux piétons et cyclistes. De plus, des panneaux d’interprétation sur la faune et la flore locales enrichissent l’expérience des visiteurs en ajoutant une dimension éducative. Ce projet novateur prend place sous l’emprise d’Hydro-Québec située à proximité de l’école Saint-Étienne, dont les enseignants et les élèves ont grandement contribué lors des activités de plantations.

« Ce projet marque un tournant dans notre manière de concevoir les emprises linéaires. En y intégrant la notion de gestion différenciée, nous avons l’opportunité de restaurer la biodiversité en milieu urbain, de connecter les différents milieux naturels et de rapprocher les citoyens de leur environnement. » – Claude Lefebvre, président du CRECQ.

« Cet espace prend aujourd’hui un tout autre sens : il devient un corridor vivant, un lieu d’accueil pour la biodiversité… mais aussi un lieu d’apprentissage et de sensibilisation, notamment pour notre jeunesse. Car Emprise vivante, c’est bien plus qu’un projet d’aménagement écologique. C’est un véritable laboratoire à ciel ouvert. Un lieu où les jeunes peuvent observer la nature de près, comprendre son fonctionnement, et surtout, prendre conscience de l’importance de la protéger. » – Stéphanie Lacoste, mairesse de Drummondville.

« Nous sommes fières d’appuyer le projet Emprise vivante, une initiative porteuse qui conjugue protection de la biodiversité, mobilité durable et mieux-être collectif. En appuyant le CRECQ, nous contribuons à la création d’un espace vert accessible, éducatif et porteur d’avenir pour les générations actuelles et futures. Ce projet s’inscrit dans notre volonté d’appuyer des projets structurants qui façonnent un avenir plus vert. » – Paul Gagné, directeur général de la Caisse Desjardins de Drummondville.

Par ailleurs, les phases subséquentes du projet consisteront à restaurer un milieu humide et à aménager la portion de l’emprise qui se rend jusqu’au boulevard Allard. Le CRECQ invite les citoyennes et citoyens à venir découvrir ce nouvel espace vert et à s’y promener.

Rappelons que la réalisation de cette première phase a aussi été rendue possible grâce au soutien financier du Gouvernement du Canada, de la Fondation de la faune du Québec, et de Loisir Sport Centre-du-Québec.

5 juin 2025 – Contrôle des moustiques dans un contexte de déclin de la biodiversité

Les insectes piqueurs, dont les moustiques et les mouches noires, sont un groupe d’insectes mal aimé. Heureusement, chez nous au Québec, ces insectes ne sont pas dangereux, comme dans les tropiques, où ils transmettent tant de maladies. Seules les femelles piquent pour fournir assez des protéines aux œufs et aux larves. Par ailleurs, ce ne sont pas toutes les espèces qui ont besoin de cet apport sanguin. Les mâles et les femelles se nourrissent principalement du nectar des fleurs 1. Ainsi, la majorité des insectes piqueurs considérés des nuisances chez nous ne nuisent pas vraiment.

Certainement, quand elles nous ont repérés, les femelles qui piquent nous dérangent. Notre première réaction est généralement de les éliminer et l’industrie d’agrochimie nous propose de le faire avec le biopesticide Bacillus thuringiensis israelensis (Bti). Comparé avec des pesticides chimiques, comme le DDT, qui affectent à peu près tous les organismes vivants, le Bti est considéré comme très sélectif. Cela dit, même s’il est biologique, le Bti demeure un pesticide ! Il ne tue pas que des insectes piqueurs dérangeants, mais aussi d’autres insectes, comme les chironomes, qui ressemblent beaucoup aux moustiques et qui vivent dans les mêmes habitats que ces derniers 2–4. Ces chironomes sont souvent beaucoup plus abondants que les moustiques et les mouches noires.

Au printemps, quand les hirondelles et les chauves-souris arrivent, la seule nourriture disponible provient des insectes qui émergent des plans d’eau. Ces insectes émergents sont d’une qualité de supérieure comparée aux insectes terrestres 5,6. Par conséquent, si l’on élimine les insectes piqueurs et les chironomes à l’échelle des milieux humides, on risque de réduire non seulement la quantité, mais aussi la qualité de nourriture des oiseaux insectivores aériens et des autres carnivores, et ce, pendant la période de reproduction. Cela peut avoir un impact négatif sur le succès de reproduction des hirondelles notamment, comme observé en France 7,8, mais également sur l’abondance d’autres organismes, tels la sauvagine, les chauves-souris, les araignées, les libellules 9, etc.

Depuis plusieurs décennies nous assistons à un déclin important de l’abondance et de la diversité des insectes 10–12 ainsi que des oiseaux insectivores aériens 13,14. Le Bti n’aide pas à cette situation :il modifie la communauté des insectes émergents en favorisant les espèces moins sensibles à ce pesticide 15. Comme les autres formes de Bacillus thuringiensis, le Bti contient des toxines antibactériennes 16, qui modifient le microbiote des amphibiens 17 et d’autres organismes 18. Ce microbiote joue un rôle important dans la défense des organismes contre des pathogènes, incluant le Bti, et la protection immunitaire 18.

De plus, les spores de Bti restent présentes dans les sédiments et leur nombre augmente après chaque épandage, mais pas nécessairement d’une année à l’autre. Au printemps, même avant le premier épandage, ces spores peuvent être ingérées par des chironomes et d’autres organismes, et les tuer. Par la suite, les bactéries vont sporuler de nouveau ; ainsi, il y a un recyclage de Bti dans ces sites 19.

Une récente méta-analyse combinant plus de 1700 études sur les impacts des pesticides, y compris les biopesticides, montre que, peu importe qu’il s’agisse d’études en laboratoire ou dans la nature, les pesticides affectent les espèces non ciblées 20.

Tous ces éléments affectent le fonctionnement de l’écosystème et de la biodiversité. Le Bti n’est pas le seul responsable, mais il vient s’ajouter aux nombreux facteurs qui modifient l’environnement !

Bert Klein Ph.D.
Biologiste, récemment retraité du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.

PS

Au cours des dernières années avant ma retraite, j’ai travaillé à l’élaboration d’une revue de littérature sur les impacts directs, indirects et cumulatifs de l’utilisation du Bacillus thuringiensis israelensis (Bti) et du Lysinibacillus (Bacillus) sphaericus (Ls, Bsph) pour le contrôle d’insectes piqueurs sur des espèces non ciblées, les réseaux trophiques et les écosystèmes 21; vous y trouverez de plus amples informations sur le sujet.

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Mise à jour (Septembre 2025) : Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) souhaite faire une mise à jour concernant le Virus du Nil occidental qui est une infection qui se contracte suite à la piqûre d’un moustique.

Pour plus d’informations, consultez :

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Références

  1. Bourassa J-P. Le Moustique – Par Solidarité Écologique. Boréal; 2000.
  2. Röder N, Stoll VS, Jupke JF, et al. How non-target chironomid communities respond to mosquito control: Integrating DNA metabarcoding and joint species distribution modelling. Sci Total Environ. Published online December 30, 2023:169735. doi:10.1016/J.SCITOTENV.2023.169735
  3. Stoll VS, Röder N, Gerstle V, Manfrin A, Schwenk K. Effects of Bti on the diversity and community composition of three Chironomidae subfamilies across different micro-habitats Preproof. Environ Pollut. 2025;366:125490. doi:10.1016/J.ENVPOL.2024.125490
  4. Pont D, Franquet E, Tourenq JN. Impact of different Bacillus thuringiensis variety israelensis treatments on a chironomid (Diptera Chironomidae) community in a temporary marsh. J Econ Entomol. 1999;92(2):266-272. doi:10.1093/jee/92.2.266
  5. Martin-Creuzburg D, Kowarik C, Straile D. Cross-ecosystem fluxes: Export of polyunsaturated fatty acids from aquatic to terrestrial ecosystems via emerging insects. Sci Total Environ. 2017;577:174-182. doi:10.1016/j.scitotenv.2016.10.156
  6. Pietz S, Kolbenschlag S, Röder N, et al. Subsidy Quality Affects Common Riparian Web ‐ Building Spiders : Consequences of Aquatic Contamination and Food Resource. Environ Toxicol Chem. 2023;42:1346–1358. doi:10.1002/etc.5614
  7. Poulin B, Lefebvre G, Paz L. Red flag for green spray: adverse trophic effects of Bti on breeding birds. J Appl Ecol. 2010;47:884-889. doi:10.1111/j.1365-2664.2010.01821.x
  8. Poulin B, Tétrel C, Lefebvre G. Impact of mosquito control operations on waterbirds in a Camargue nature reserve. Wetl Ecol Manag. 2021;25 october. doi:10.1007/s11273-021-09834-4
  9. Gerstle V, Manfrin A, Kolbenschlag S, et al. Benthic macroinvertebrate community shifts based on Bti-induced chironomid reduction also decrease Odonata emergence. Environ Pollut. 2023;316:120488. doi:10.1016/j.envpol.2022.120488
  10. Bijleveld van Lexmond M, Bonmatin J-MM, Goulson D, Noome DA. Worldwide integrated assessment on systemic pesticides. Global collapse of the entomofauna: exploring the role of systemic insecticides. Env Sci Pollut Res. 2014;22(1):1-4. doi:10.1007/s11356-014-3220-1
  11. Hallmann CA, Sorg M, Jongejans E, et al. More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas. PLoS One. 2017;12(10):e0185809. doi:10.1371/journal.pone.0185809
  12. van Klink R, Bowler DE, Gongalsky KB, Swengel AB, Gentile A, Chase JM. Meta-analysis reveals declines in terrestrial but increases in freshwater insect abundances. Science. 2020;368(6489):417-420. doi:10.1126/SCIENCE.AAX9931
  13. Rosenberg K V, Dokter AM, Blancher PJ, et al. Decline of the North American avifauna. Science. 2019;366(6461):120-124. doi:DOI: 10.1126/science.aaw1313
  14. Initiative de conservation des oiseaux de l’Amérique du Nord (ICOAN). État Des Populations d’oiseaux Du Canada, 2012. Environnement Canada, Ottawa, Canada.; 2012. Accessed June 21, 2022. https://publications.gc.ca/collections/collection_2012/ec/CW66-312-2012-fra.pdf
  15. Schöndorfer, Agnes Kolbenschlag S, Bauspiess P, Schirmel J, Bollinger E, Manfrin A, Bundschuh M. Ecotoxicology and Environmental Safety Long-term consequences of Bti applications on aquatic insect emergence : Insights from a 4-year mesocosm study. Ecotoxicol Environ Saf. 2025;296(April):118208. doi:10.1016/j.ecoenv.2025.118208
  16. Belousova ME, Malovichko Y V., Shikov AE, Nizhnikov AA, Antonets KS. Dissecting the Environmental Consequences of Bacillus thuringiensis Application for Natural Ecosystems. Toxins (Basel). 2021;13(5):355. doi:10.3390/toxins13050355
  17. Gutierrez-Villagomez JM, Patey GG, To TA, et al. Frogs Respond to Commercial Formulations of the Biopesticide Bacillus thuringiensis var. israelensis, Especially Their Intestine Microbiota. Environ Sci Technol. 2021;55(18):12504-12516. doi:10.1021/ACS.EST.1C02322
  18. Zheng R, Wang Q, Wu R, Paradkar PN, Hoffmann AA, Wang GH. Holobiont perspectives on tripartite interactions among microbiota, mosquitoes, and pathogens. ISME J. 2023;(November 2022). doi:10.1038/s41396-023-01436-7
  19. Poulin B, Lefebvre G, Hilaire S, Després L. Long-term persistence and recycling of Bacillus thuringiensis israelensis spores in wetlands sprayed for mosquito control. Ecotoxicol Environ Saf. 2022;243:114004. doi:10.1016/j.ecoenv.2022.114004
  20. Wan N, Fu L, Dainese M, et al. Pesticides have negative effects on non- target organisms. Nat Commun. 2025;16:1360. doi:10.1038/s41467-025-56732-x
  21. Klein B, Cabrera P. Les Impacts Directs , Indirects et Cumulatifs de l’utilisation Du Bacillus Thuringiensis Israelensis (Bti) et Du Lysinibacillus (Bacillus) Sphaericus (Ls, Bsph) Pour Le Contrôle d’insectes Piqueurs Sur Des Espèces Non Ciblées, Les Réseaux Trophiques et Le.; 2023. https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/faune/documents/habitats/revue-litterature-Bti.pdf

 

Le Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec (CRECQ) recrute actuellement des entreprises de la région de Drummond et de l’Érable qui souhaitent expérimenter gratuitement le vélo à assistance électrique dans le cadre de leurs opérations au courant de l’été et de l’automne 2025.

Plus spécifiquement, le CRECQ est à la recherche de deux profils d’entreprise : soit des ateliers de mécanique automobile ou des concessionnaires qui souhaiteraient offrir des vélos à assistance électrique à titre de véhicule de courtoisie à leur clientèle, ou encore des entreprises qui effectuent du transport ou de la livraison locale désirant faire l’expérience du vélo cargo à assistance électrique dans le cadre de leurs déplacements quotidiens.

« Nous souhaitons recruter des entreprises désirant mieux desservir leur clientèle par l’application de solutions innovantes. Offrir des alternatives à l’auto-solo gratuitement et en toute simplicité permettra aux entreprises de notre région d’avoir un réel impact sur leur bilan d’émission de gaz à effet de serre, en plus d’inciter leur clientèle à intégrer la mobilité durable au sein de leurs déplacements », indique Andréanne Blais, directrice générale du CRECQ.

Notons que les entreprises participantes obtiendront un accompagnement personnalisé, clé en main et sans frais. Cela inclut une formation sur la sécurité routière et l’utilisation optimale des vélos, une assistance routière accessible en tout temps, un ou des vélos à assistance électrique ainsi que tout l’attirail nécessaire pour effectuer des déplacements sécuritaires et confortables.

Pour plus d’informations, vous êtes invités à consultez le www.pratico-velo.ca ou pour faire part de votre intérêt, contactez l’équipe mobilité durable à mobilite@crecq.qc.ca ou par téléphone au (819) 475-1048 #215.

Ce projet est réalisé avec l’appui financier du gouvernement du Canada, par l’entremise du Fonds pour dommages à l’environnement et de celui du gouvernement du Québec dans le cadre d’Action-Climat Québec, un programme coordonné par le Fonds d’action québécois pour le développement durable et qui découle du Plan pour une économie verte 2030.

Invitation – Assemblée générale annuelle 2024-2025

Vous êtes conviés à prendre part à la 29e assemblée générale annuelle de notre organisation environnementale qui aura lieu le jeudi 19 juin à Drummondville. 

ACTIVITÉ PRÉ-AGA ANNULÉE – En raison des orages et de la chaleur accablante prévue le 19 juin en après-midi, nous sommes dans l’obligation d’annuler la visite terrain des différents projets de restauration des milieux naturels.

Jeudi, 19 juin 2024
Drummondville, MRC de Drummond

Centrexpo Promutuel Assurances
550 Rue Saint-Amant, Drummondville, QC J2C 6Z3

Au programme :

Jeudi, 19 juin 2025
ANNULÉE
Visite de projets de restauration des milieux naturels en zone agricole et urbaine (Inscription obligatoire, place limitée)
TOUTEFOISvous êtes conviés dès 14 h 30 au Centrexpo Promutuel Assurances de Drummondville pour avoir l’occasion de rencontrer l’équipe du CRECQ qui a travaillé à réaliser ces aménagements et qui pourra répondre à toutes vos questions en la matière.

15 h 00
Assemblée générale annuelle (AGA) du Conseil régional de l’environnement
du Centre-du-Québec (CRECQ).
Notez qu’il est nécessaire d’être inscrit officiellement à titre de membre ET avoir payé sa cotisation annuelle pour obtenir le statut de membre avec droit de vote lors de l’assemblée générale annuelle du CRECQ. 

15 mai 2025 – « On s’en fout de la salamandre pourpre! », dit le géomorphologue. 

C’est vraiment ce qui a été dit par un géomorphologue sur le terrain, à la question de savoir si la salamandre pourpre allait pouvoir franchir les obstacles engendrés par des structures de bois mort ancrées sur la rivière Daneau (b- dans la figure).

Malaise.

« Mais qu’est-ce qu’il lui prend de dire ça? », doit penser, à juste titre, le biologiste qui l’écoute, un peu pantois.

Ce petit échange, court et viscéral, révèle le gouffre conceptuel qui sépare souvent les points de vue disciplinaires. Mais pas irréconciliables, heureusement.

Reculons un peu. Voici un bref rappel de ce qui a marqué la gestion de cours d’eau au Québec dans les dernières années, du moins sous la loupe de la géomorphologie, afin de recadrer cet échange et parvenir à réconcilier les points de vue.

Épisode 1 – le command and control

À l’ère du command and control, pré-2010, nous limitions au mieux les inconvénients provoqués par les soubresauts dynamiques des cours d’eau que nous avons longtemps cherché à maitriser et instrumentaliser à diverses fins.

L’homme est roi et les rivières sont servantes.

Épisode 2 – les rivières libérées

En 2014, il y a eu la diffusion du concept d’espace de liberté : les cours d’eau sont naturellement dynamiques, ça coûte cher de les en empêcher et ça nous dessert du point de vue écologique. Cet argumentaire a résonné fort, appuyé par plusieurs sinistres notoires en 2017 et en 2019, qui ont illustré brillamment les failles d’un système de gestion axé sur le command and control.

Mais, la résonnance du concept d’espace de liberté est encore plus profonde et dépasse les seuls enjeux d’aménagement du territoire. Sous-entendus, les cours d’eau sont mieux laissés à eux-mêmes. Laissons-leur plus d’espace pour évoluer, se réparer même, par le biais des processus naturels. Le processus d’érosion est soudainement catapulté dans la cour des gentils. Avec lui, le recrutement, le transport et le dépôt des sédiments et du bois sont également réhabilités. Message : les rivières sont autonomes, arrêtons de nous en mêler!

Épisode 3 – la restauration par les processus : de l’eau, des sédiments, du bois, de l’espace et du temps

Propulsée par le nouveau PRCMHH, l’ère de la restauration s’implante peu à peu au Québec. Dorénavant, il ne nous faut pas seulement laisser faire, il nous faut parfois assister proactivement la guérison des cours d’eau vers un meilleur état de santé.

De fait, les cours d’eau dégradés sont peu appétissants pour le vivant, par la surabondance des processus d’érosion et du manque de connectivité avec des espaces riverains rendus inaccessibles.

Le laisser-faire apparait désormais comme une avenue un peu simpliste; il réduit les moyens dont nous disposons pour intervenir de façon positive pour la réhabilitation des milieux hydriques.

Par une connaissance des causes de sa dégradation et une vision claire de son potentiel, il faut outiller le cours d’eau afin de l’amener à mieux se réparer par lui-même. Les structures de bois morts sont désormais reconnues comme l’un des ingrédients essentiels pour maintenir ou rétablir la connectivité avec les espaces riverains. La liste des ingrédients est courte, mais chacun d’eux compte : l’eau, les sédiments, le bois, l’espace et le temps.

Évidemment, la salamandre pourpre, on ne s’en fout pas. C’est pour elle, comme pour les autres espèces vivantes, que les milieux hydriques doivent être préservés et restaurés. L’érosion des berges et la présence de bois ne doivent pas être perçues comme des agents de destruction ou des infranchissables, mais bien les piliers qui préservent et entretiennent la qualité des habitats.

C’est ce que j’aurais dû répondre, ce jour-là sur le terrain, plutôt que de dire qu’on se fout de la salamandre pourpre. Mea culpa.

 

Sylvio Demers
Géomorphologue