D’UNE CRISE À L’AUTRE – NOUS POUVONS LE FAIRE !

Le printemps 2020 marquera nos vies à tout jamais. Une grande partie de l’économie s’est tue, la population s’est confinée, des millions de voitures ont déserté les rues et autoroutes, le trafic aérien s’est apaisé. Plusieurs ont trouvé ou retrouvé la simplicité en jardinant, en marchant ou pédalant dans leur quartier, en cuisinant leur pain, etc. La majorité de la population a écouté ce que la science leur dicte, et ce, même avec un haut niveau d’incertitude.

Les leçons de la COVID

La crise de la COVID 19 nous montre à quel point il est souhaitable d’arrimer la science et le politique afin de prendre les meilleures décisions. Les autorités ont tenu compte des scénarios les plus plausibles offerts par la science et ont géré les risques en fonction des vulnérabilités des populations. C’est ainsi que nous avions les meilleures chances de sauver des vies humaines et d’atténuer la crise de notre système de santé.

Au fond, cette crise pourrait-elle nous servir d’expérience-pilote dans le but tester notre approche dans la lutte contre les changements climatiques? Elle nous prouve à quel point, en contexte de crise, il est possible de mobiliser l’ensemble de la société, guidée par la science, autour d’un objectif commun.

La crise du climat, une crise sociale, économique et… sanitaire

La science du climat nous prédit avec un haut niveau de certitude que d’ici 2050, les changements climatiques affecteront la santé de millions d’êtres humains, des dizaines de milliers mourront des chaleurs excessives, des inondations, des sécheresses, de l’aggravation des tempêtes, etc. Par exemple, si les émissions globales de GES ne baissent pas de façon importante, le nombre de jours de chaleur extrême, au Centre-du-Québec, sera multiplié par 4 ou 5 à l’horizon 2040-2070 et le débit d’étiage estival des cours d’eau pourrait diminuer de 20% à 30%. Les coûts de ces impacts sont déjà lourds et deviendront astronomiques dans un avenir proche. Il y a urgence climatique!

Passons à l’action!

De nombreuses mesures proposées pour réduire nos GES et s’adapter aux changements climatiques sont avantageuses pour la société, même sans crise climatique. Par exemple, en diminuant notre consommation de pétrole, nous améliorons la qualité de l’air et diminuons l’incidence de maladies cardiaques et pulmonaires, en augmentant la part de nos déplacements en transport actif, nous contribuons à prévenir l’obésité et le diabète, à diminuer le stress et à économiser individuellement et collectivement. Une étude du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ) nous montrait en 2014 que, au Québec, une réduction de 16 % de la consommation de pétrole en six ans nous permettrait d’économiser collectivement 20 milliards de dollars.

Alors, écoutons la science et passons à l’action dès maintenant! Nous savons maintenant que le télétravail est possible, que le vélo peut souvent remplacer avantageusement l’auto, que le jardinage est sain pour l’esprit, que les produits locaux font vivre nos communautés, etc. À nous de transformer cette crise de la COVID en opportunité pour améliorer notre qualité de vie en réduisant les GES et en augmentant notre résilience face aux changements climatiques.

Éric Perreault, coordonnateur et chargé de projet, CRECQ