S’INSPIRER DE LA NATURE POUR COMBATTRE LES ILOTS DE CHALEUR

 

Chaque année, des groupes d’experts du monde entier nous rappellent l’importance des changements climatiques et de leurs impacts. D’ailleurs, dans son rapport de 2018, le GIEC sonne l’alarme. La hausse globale des températures de 1 degré déjà atteinte a des effets remarquables sur la biodiversité et les écosystèmes, ainsi que sur nos sociétés. En effet, l’humain subit déjà les effets des changements climatiques au cœur même des villes qu’il habite, notamment par le phénomène des ilots de chaleur.

La création de microclimats

Ce phénomène, accentué par la hausse globale des températures, se forme dans les milieux urbains là où les surfaces sont foncées et fortement minéralisées (rues, bâtiments, toits, stationnements, etc.). Ayant la capacité d’absorber le rayonnement solaire et de le réémettre sous forme de chaleur, ces surfaces contribuent à créer des microclimats où la température est particulièrement élevée. Dans certains cas, comme durant les épisodes de chaleur extrême en été, cette hausse locale de la température peut rapidement atteindre 10 degrés de plus que l’environnement périphérique (BNQ 3019-190, 2013).

De cette manière, les ilots de chaleur ont différentes répercussions, notamment sur la santé et le bienêtre. Dans nos villes, le phénomène touche plus particulièrement les populations de secteurs défavorisés et densément peuplés, là où l’accès aux espaces verts, aux plans d’eau ou à la climatisation est souvent limité.

Renverser la tendance grâce aux ilots de fraicheur

Les ilots de fraicheur s’imposent aujourd’hui comme une des solutions phares pour contrer les ilots de chaleur. Ils représentent d’ailleurs l’un pour l’autre une antithèse presque parfaite. En effet, un ilot de fraicheur en milieu urbain s’obtient essentiellement grâce à la déminéralisation et la végétalisation des surfaces. Ce type d’aménagement peut impliquer une grande diversité de végétaux : couvre-sol, vivaces, arbustes et arbres. Toutefois, on retient plus particulièrement les arbres à grand déploiement, comme l’érable, le chêne ou encore le mélèze, grâce à leur canopée et à leur capacité de produire de l’ombre lorsqu’ils sont à maturité.

Plusieurs bienfaits

Un ilot de fraicheur a un effet régulateur sur le climat local, mais aussi d’autres bienfaits parfois surprenants. On remarque notamment la contribution des aménagements végétalisés à la gestion des eaux pluviales. Contrairement aux surfaces minéralisées et imperméables, le sol organique et les racines des végétaux présents dans les ilots de fraicheur retiennent l’eau et favorisent son évaporation. De cette manière, les risques d’inondations localisées ou de surcharge des égouts pluviaux sont limités. Des effets bénéfiques sur le bienêtre et la santé mentale des communautés sont également mentionnés dans la littérature.

Des projets en cour

Grâce au Fonds Vert, l’Institut national de santé publique du Québec finance actuellement des projets d’ilots de fraicheur dans 7 villes de la province. Parmi ceux-ci s’inscrit d’ailleurs le projet Coup de fraicheur mis en œuvre à Drummondville. Innovante, l’ensemble de cette démarche saura accroitre la résilience des populations face aux changements climatiques.

 

Gabriel Vincent-Beaudoin, Chargé de projet, CRECQ