LA GESTION DES MATIÈRES RÉSIDUELLES, UN SUJET EFFERVESCENT

 

Au Québec, la gestion des matières résiduelles est un sujet qui revient constamment dans l’actualité. De nouvelles initiatives voient le jour régulièrement. Les différents paliers de gouvernement tentent par tous les moyens de redéfinir le potentiel des 13 millions de tonnes de matières résiduelles produites chaque année au Québec. En quelques décennies, nous sommes passés d’une société qui envoie tout à l’enfouissement, à une société qui effectue un tri à la source en s’appuyant sur la hiérarchie des 3-RV (réduction, réutilisation, recyclage et valorisation).

Depuis 2011, la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles oriente les actions des municipalités en ce sens. Celle-ci a pour objectif fondamental de n’éliminer qu’une seule matière, soit le résidu ultime, celle qui ne peut se retrouver nulle part ailleurs.

Enfouir seulement le résidu ultime, c’est possible ?

Il faut l’admettre, ce ne sera pas une mince tâche. Pour y parvenir, le Québec compte sur la responsabilisation partagée des intervenants. La modernisation des systèmes de collecte sélective et de consigne en est un bon exemple. En misant sur le principe de responsabilité élargie des producteurs (REP), selon lequel les entreprises qui mettent sur le marché des produits sont responsables de leur gestion en fin de vie, cette modernisation permettra d’améliorer nos performances en matière de recyclage. Elle est aussi complémentaire à l’élargissement de la consigne. Actuellement, plus de 700 millions de contenants de boissons non consignés prennent la voie des lieux d’élimination ou sont jetés dans la nature. Ces deux systèmes permettront la prise en charge efficace de l’ensemble des contenants, emballages et imprimés mis en marché au Québec, tout en les dirigeant vers des filières de valorisation performantes et compétitives.

La Stratégie de valorisation des matières organiques (MO) est un autre exemple d’avancement visant à optimiser le potentiel des matières résiduelles qui, autrement, représenteraient un fardeau, environnemental et économique, pour le Québec. Cette stratégie a pour but d’instaurer la gestion de la MO sur 100 % du territoire municipal et dans 100 % des ICI (industries, commerces et institutions) d’ici 2025 afin de réduire les émissions de GES qui en découlent. Selon RECYC-QUÉBEC, 60 % des matières résiduelles éliminées annuellement sont des matières organiques.

À ce niveau, la Ville de Drummondville se démarque avec une augmentation de 17.8 % du tonnage de MO valorisées en 2019. Cette progression majeure est en partie attribuable au programme obligatoire « ICI, on récupère l’organique » qui vise les grands générateurs de MO alimentaires de son territoire, dont les grands restaurants et les épiceries.

Va-t-on y arriver ?

La mise en œuvre de ces nouvelles balises sera un défi à tous les niveaux. Parlez de « poubelles » et inciter les gens à changer leur comportement n’est jamais chose facile. La réussite des objectifs fixés dépendra de l’engagement individuel et collectif. À court terme, les municipalités devront soutenir les citoyens dans les changements annoncés, en tant que gouvernements de proximité, en plus d’orienter les ICI vers des ressources appropriées, comme la desserte municipale ou des projets innovants en économie circulaire afin d’optimiser l’utilisation des ressources.

Et malgré tous les efforts, le nerf de la guerre restera toujours la sensibilisation du grand public à l’importance de poser les bons gestes, en y appliquant le principe des 3-RV.

 

Marie-Ève Vadnais, coordonnatrice du Service de l’environnement, Ville de Drummondville